3 questions à Stéphane Jaouen

31/08/2016

Entraineur de Pierre Le Coq pour ces Jeux Olympiques de Rio 2016, Stéphane Jaouen est lui aussi l’un des maîtres d’œuvre de cette belle médaille de bronze remporté par le français face à une concurrence acharnée… Grand amateur de windfoil lorsqu’il est sur l’eau, retour avec lui sur cette semaine un peu spéciale en terre brésilienne.

 

Windsurfjournal.com : Comment résumerais-tu cette olympiade en quelques mots et de ton côté coulisses ?
Stéphane Jaouen : Je crois que nous avons vécu une olympiade assez exceptionnelle avec notamment les 4 garçons devant en RS:X qui ont tout gagné, soit des mondiaux, soit des coupes du monde, soit des championnats d’Europe. Au niveau de la semaine à Rio, elle a été intensive avec du suspense jusqu’au bout et un Pierre Le Coq qui n’a rien lâché du début à la fin.

 

WJ : Comment analyses-tu la semaine de Pierre Le Coq faite de hauts et de bas jusqu’à cette médaille de bronze ?
SJ : C’est sûr qu’il y a eu des jours difficiles avec des résultats en dessous de ce que nous espérions. Le truc auquel nous nous sommes toujours raccrochés, c’est sur les aspects vitesse et technique dans lesquels Pierre n’a jamais été mis à mal. Il y a peu de bords voire aucun où il s’est fait déposer en vitesse. Nous pensions que c’était l’un des points clés pour faire une performance aux Jeux et pour faire encore mieux, il faut aussi bien régater. Lors de la 1ère journée avec des conditions parfaites, 15 nœuds réguliers, grand soleil, lors des 2 premières manches, Pierre passe 15ème à la 1ère bouée et il remonte 7ème à chaque fois. A la 3ème manche, il passe dans le top 5 à la bouée au vent, je me suis dit que ça y est, c’était parti et là malheureusement il prend un sac plastique dans l’aileron et fait une faute au 2ème tour. Tout s’enchaîne mal, c’est sa plus mauvaise manche de la journée alors que ça aurait dû être la meilleure… L’avant-dernière journée, le vendredi avant la medal race du dimanche, c’est une journée de course qui s’est déroulée à l’extérieur de la baie et depuis le début de notre préparation, nous nous étions dit avec Pierre que ça allait être une journée clé car les conditions de navigation sont vraiment différentes des autres ronds. Avant les 3 manches du jour, Pierre avait 26 points de retard sur le polonais Piotr Myszka, il fait une manche de 2ème, le polonais de 13ème, nous avons rapidement fait nos calculs et nous avons compris qu’il fallait continuer dans ce sens-là. Du même coup, je pense que Myszka s’est mis la pression, Pierre a fait 3 manches correctes, le polonais 3 manches moyennes et nous nous sommes retrouvés dans une medal race à qui gagne-gagne ! Le duel était finalement assez simple le dimanche, il fallait juste faire attention au grec Byron Kokkalanis. Pierre est arrivé sur une dynamique super positive lors de la medal race et à l’inverse, le polonais devait se mordre les doigts après sa journée de vendredi. Le tournant de leur duel s’est fait ce jour-là et pas forcément lors de la medal race…

 

WJ : Tu as une certaine expérience des Jeux Olympiques, que retiens-tu de cette épreuve ?
SJ : Par rapport aux Jeux de Londres qui avaient lieu à Weymouth pour la voile, la grosse différence c’est que nous étions au cœur des Jeux Olympiques même si nous n’en avons pas toujours profité afin de rester concentré sur ce que nous avions à faire… Nous avions accès au Club France qui n’était pas très loin, il y avait du même coup beaucoup plus de journalistes, des officiels qui sont venus nous voir, ce qui ne s’était pas passé à Weymouth. L’ambiance était bien différente et puis Rio de Janeiro fait quand même plus rêver que Weymouth aussi ! Du point de l’épreuve RS:X en elle-même, il y a moins de densité de coureurs avec 1 seul représentant par pays, donc a priori moins de niveau sur l’eau, il y a revanche beaucoup plus d’attente du public, des entraineurs, du staff, etc… Tout le monde est dangereux, tout le monde est rapide et tout le monde a envie de faire au moins 1 bonne manche. Quand un gars qui n’a jamais trop marché se retrouve devant, il est prêt à donner sa vie pour faire un bon résultat. Alors que sur un championnat du monde, c’est complètement différent, que tu fasses 15ème ou 17ème, pas grand monde ne regarde le résultat. Pierre Le Coq vient de faire 3ème à ces Jeux et il est accueilli dans son pays comme une star alors que lorsqu’il a été champion du monde, il n’a pas eu beaucoup de retombées dans les grands médias… L’attente médiatique et celle des proches est très différente, et sur l’eau, il faut juste réussir à naviguer le plus proche que ce que l’on sait faire habituellement !

 

Pour en savoir plus sur l’Equipe de France de Voile : rio.ffvoile.fr

 

Source : Stéphane Jaouen
Photos : Stéphane Jaouen - FFVoile

tags: Jeux Olympiques Rio 2016 Stéphane Jaouen Pierre Le Coq

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