3 questions à Justine Lemeteyer

04/12/2023

Pour la 2ème année consécutive, Justine Lemeteyer remporte le titre de vice-championne du monde PWA en slalom. Et à 21 ans seulement, elle s’impose comme la windsurfeuse à suivre dans les années à venir. Avec elle, retour sur une saison 2023 bien chargée.

 


Windsurfjournal.com : Comment résumerais-tu ta saison 2023, de ta 1ère place à Torbole à ta 3ème au Japon et ce 2ème titre de vice-championne du monde ?
Justine Lemeteyer : La saison 2023 a encore une fois été bien chargée avec beaucoup de déplacements. Ç'a été une super saison, Vice-championne du Monde, championne de France, 2ème du Défi Wind… Mais il n’y a rien de plus par rapport à l’année dernière. Je suis satisfaite, mais j’ai envie de plus ! Torbole a évidemment été le moment fort de cette saison. Le matériel marchait bien, j’étais bien réglée, j’ai fait peu d’erreurs… Une première victoire en coupe du monde, et de cette manière, je ne suis pas prête de l’oublier ! Pour l’anecdote, je devais rendre en même temps des travaux pour la faculté qui était déterminant pour l’obtention de ma licence. La veille du premier jour, j’ai rendu mon écrit à minuit et le lendemain de la clôture de l’évènement, je réalisais ma soutenance orale sur une aire d’autoroute entre Torbole et Gruissan… Les Canaries ne m’ont pas souri. Je n’avais pas jaugé le bon matériel en foil pour pousser dans le vent fort et la saison s’est jouée à 75 % dans ces conditions… Malgré cela, ce sont les épreuves où j’ai pris le plus de plaisir ! Les batailles avec les filles étaient super intenses, je n’ai jamais autant aimé mon sport qu’aux Canaries ! Je ressors du Japon et de cette saison 2023 avec énormément d’apprentissages et d’idées d’axe de travail pour la saison prochaine. Je repars aussi avec une motivation énorme, comme je ne l’avais ressenti avant. Je n’ai qu’une envie, c’est de retourner à l’entraînement avec la saison 2024 en tête, mais on va prendre le temps de récupération nécessaire avant de retourner au charbon.



WJ : Quel bilan fais-tu de ce mix aileron/slalom alors que le PWA World Tour semble se diriger vers des disciplines mieux identifiées en 2024 et des étapes dédiées au slalom ?
JL : Le mix en est de moins en moins un… J’ai voulu jouer le mix à fond à Pozo où j’espérais que l’aileron est sa chance dans le vent fort. Résultat, après Pozo j’ai poussé à fond le foil, car l’aileron ne pardonne aucune petite erreur quand on a des foils autour. On était plusieurs à penser que la polyvalence serait un atout, mais être spécialiste de l’un ou l’autre a également bien payé (Blanca Alabau en foil à Pozo et Sara-Quita Offringa en aileron à Fuerte…). Le fait de basculer de l’un à l’autre est complexe, tu changes tous tes repères d’une manche à l’autre, ça ne s’est pas avéré très performant pour moi. Le format proposé pour l’année prochaine me plait bien. Je suis contente de savoir qu’on va courir à nouveau sur l’aileron sans se demander si on ne serait pas mieux en foil. J’apprécie tout autant le foil, donc ça va être chouette de pouvoir pousser sur les deux supports ! Je fais partie de ce qui prône l’idée d’un titre overall, qui récompenserait le plus polyvalent foil/aileron. Un champion dans chaque discipline, c'est cool, mais j’aimerais bien qu’on garde le principe d’un super champion, LE meilleur slalomeur et LA meilleure slalomeuse !

 


WJ : Vous n'êtes que 5 féminines à avoir participé à la totalité des épreuves PWA en slalom cette année. Qu'est-ce que cela t'inspire et comment remédier à ce manque de compétitrices ?
JL : Évidemment, on rêve toutes d’être plus nombreuses sur le circuit. À l’arrivée du foil sur le circuit, nous avons perdu quelques athlètes. L’iQFOil en a aussi absorbé. Sara Wennekes est un exemple flagrant. Elle est une top rideuse en slalom, mais est actuellement en préparation olympique pour Paris 2024. D’autres filles (et garçons) suivent pour le moment le même schéma et donc manquent à l’appel sur le tour PWA. Chez les filles, il y a aussi un manque d’accompagnement des sponsors et matériels. Nos performances sont moins reconnues et on nous propose des primes de performance moindre par rapport aux hommes. Je ne suis pas à plaindre en termes de partenaires en comparaison à d’autres athlètes féminines. Dans ce top 5 de femmes comme tu le cites, certaines payent encore leur matériel… Les filles qui étaient sur le circuit PWA dans les années précédentes ont déjà fait un super boulot avec les représentants du circuit pour arriver à l’égalité de prize money que l’on connait aujourd’hui. On va dans le bon sens, mais il y a encore du travail pour faire valoir nos performances.

 

Pour en savoir plus Justine Lemeteyer : www.instagram.com/justinelemeteyer

 

Source : Justine Lemeteyer
Photos : Carter/Pwaworldtour.com

tags: Justine Lemeteyer PWA World Tour Fly! ANA Windsurfing World Cup

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