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3 questions à Yann Dupont

07/04/2016

Du haut de ses 21 ans, Yann Dupont n’était même pas né lorsque Fred Beauchêne faisait tourner ses premiers ventilateurs… Présent à l’Indoor de France et parmi les plus jeunes participants, F-972 a eu la chance de faire partie de la fête et même de réaliser l’un des meilleurs temps lors des qualifications en slalom le vendredi. Retour avec lui sur cette expérience unique…


Windsurfjournal.com : Tu n'étais même pas né lorsque les premiers indoors se sont déroulés à Bercy, qu'est-ce qui t'a motivé à participer aux qualifications de cet Indoor de France ?
Yann Dupont J’ai toujours été fasciné par le fait de pouvoir naviguer dans une piscine avec des ventilateurs. Mes parents allaient voir quasiment tous les indoors dans les années 90-95 donc j’ai un paquet de photos chez moi. Je suis toujours impressionné en les regardant car c’est bien plus que du windsurf. Les milliers de ballons qui s’envolent, Robert Teriitehau qui explose la montre Swatch, les gradins remplis. C’est quelque chose que ma génération, "les jeunes" nous n’avons pas eu la chance de connaitre. C’est pour cela que l’an dernier j’ai suivi de près l’indoor de Varsovie. J’ai trouvé ça super cool de recréer cet événement, faire venir des célébrités du windsurf au contact des gens. Vraiment fabuleux ! A l’annonce de l’indoor de Paris, j’ai suivi de près la vente des billets pour  prendre ma place dans les gradins avec mes parents. Je ne voulais en aucun cas rater l’événement car lors du dernier, j’avais 10 ans, j’étais en Martinique et de ce fait,  je n’avais pas pu venir le voir. Alors quand j’ai su qu’il y avait la possibilité d’aller naviguer sur le bassin, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion. Je savais que c’était peut-être la seule fois où je pourrais le faire alors je ne voulais pas passer à côté.

 

WJ : Finalement, tu tires plutôt bien ton épingle du jeu en te qualifiant pour les 2 soirées de show et en réalisant même le 3ème temps lors des qualifications le vendredi matin juste derrière Robby Naish et Nicolas Akgazciyan ?
YD : Oui, je n’en revenais pas quand je me suis qualifié. Nous n’avions que 2 runs chronométrés sur les trials et c’est sur mon 2ème que j’ai réussi à sortir un super temps. C’était pour moi un rêve, je n’en revenais vraiment pas. J’en avais rêvé pendant des années et là ça se réalisait vraiment. J’en ai eu du mal à dormir le soir. Vendredi lors des qualifications j’étais un peu perdu, j’étais déjà super content d’être présent au milieu des légendes comme Robby Naish, Kai Lenny, Robert Teriitehau ou Erik Thiémé, pour moi mon objectif était déjà atteint. Je savais que je n’avais rien à perdre, qu’il fallait que je m’amuse. J’ai donc attaqué mes runs vraiment sans pression en essayant d’assurer toutes les relances de jibes. C’est ce qui est dur dans ce bassin, et là j’ai claqué 2 supers runs, même pas 2 secondes de plus que le king Robby dont on avait l’impression qu’il faisait déjà la course parfaite… Alors quand j’ai vu que j’avais le 3ème temps, la pression est montée d’un cran pour moi. Je partais alors en premier sur la rampe de départ et ça ce n’est pas une position simple à assumer car tu sais que les 3 autres coureurs derrière ne sont pas là pour te faire des cadeaux avec Cédric Bordes, Jules Denel et Thomas Traversa… Seulement la pression, il faut savoir la gérer et je ne sais pas si c’est le manque d’expérience ou les 10 000 spectateurs mais lors du show j’ai eu beaucoup plus de mal à naviguer à mon niveau et pouvoir me qualifier. Samedi, c’était plus difficile, la fatigue commençait à se faire sentir. J’étais moins bien placé aux qualifs donc je partais en 4ème lors du show. Je repartais une fois de plus sans pression, j’ai bien mieux navigué que la vielle, mes jibes étaient mieux, j’étais au cul d’Erik Thiémé mais je me suis pris Cédric Bordes lors d’un croisement… Tout le monde naviguait mieux, on sentait que tous les coureurs commençaient à s’habituer à ce type de navigation, et c’était encore plus flagrant avec Robert et Erik qui se sont qualifiés pour la finale. Ils sont toujours aussi bons et techniques malgré leur âge.

 

WJ : Au-delà de l'aspect sportif, que retiens-tu de ces 2 soirées, l'ambiance, le show, les coulisses, l'échange avec les stars présentes, etc...?
YD : Je retiens tout, je ne veux perdre aucun souvenir ! J’ai passé 2 jours fabuleux que je n’oublierai jamais. Dans les coulisses et aux entraînements, l’ambiance était complètement relax, tout le monde parlait avec tout le monde. On voyait clairement qu’on était davantage présents pour offrir un spectacle plutôt que pour faire une compétition de planche. Et puis recevoir des conseils de mecs comme Robert Teriitehau ou Erik Thiémé, ça fait énormément plaisir car ce sont des légendes face à nous tous. Ils n’ont pas peur de se faire battre par un petit jeune tant que c’est fait avec maîtrise et avec de la classe. Eux ils sont là pour offrir du spectacle aux gens et je trouve que c’est peut-être ce qu’il manque dans la planche aujourd’hui. Robert qui sort de la piscine pleine balle avec tout son matos, c’est juste impressionnant et à 50 ans ne pas se faire mal en faisant ça, c’est fort. Je ne sais pas qui sera capable de le remplacer sur ce point car il faut un sacré courage pour le faire et c’est ça que les gens veulent voir, de la folie, de l’extrême, tout ce qu’ils ne peuvent pas voir sur les spots. De même qu’Erik qui se déguise en marsupilami. Après pendant les shows, c’était vraiment cool, l’ambiance du public était juste impressionnante, les cris, les applaudissements ça faisait vraiment chaud au cœur, je n’avais jamais vécu cela. Vraiment il faut remercier tout le monde d’être venu car ça faisait vraiment plaisir et l’indoor c’est un événement qui ne doit pas s’arrêter. La nouvelle génération a besoin de connaître cela, le spectacle, le contact avec les champions de toutes les disciplines, c’est que qui fera vivre la planche en France pendant encore longtemps. Il faut remercier aussi Fred Beauchêne pour avoir pris le pari de relancer l’indoor à Paris après 12 ans d’attente. Et entre nous si je viens à l’AccorHotels Arena, je préfère clairement voir Robby Naish que Céline Dion !

 

Pour en savoir plus sur Yann Dupont : www.facebook.com/Yann-Dupont-Windsurfing-F-972-239516316212001

 

Source : Yann Dupont
Photos : Eric Bellande/FFVoile - DR

tags: 3 questions à Yann Dupont Indoor de France

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