3 questions à Julien Bontemps

21/06/2018

5ème mondial en foil sur le PWA World Tour après les étapes du Japon, de Corée du Sud et d’Espagne, le français Julien Bontemps est quelque peu un extra-terrestre parmi les habitués du PWA World Tour lui dont le cursus est essentiellement olympique. FRA-6 n’en est pas moins une référence dans cette nouvelle discipline montante et il nous livre son analyse après ces 3 courses disputées et en attendant la dernière course de la saison en Allemagne fin septembre.

 

Windsurfjournal.com : Quels grands enseignements tires-tu de ces 3 épreuves PWA en foil auxquelles tu as participé ?
Julien Bontemps : J’ai vraiment le sentiment que même sur le tour PWA beaucoup de planchistes sont conquis par cette nouvelle discipline. Ce support permet de réunir des riders issus de différentes disciplines, je trouve cela génial ! Il y a quelques années, jamais je n’aurai pu imaginer me présenter sur une même ligne de départ qu’Amado Vrieswijk, Pierre Mortefon, Antoine Albeau ou encore Steve Allen. Après sur l’eau, entre les 2 épreuves en Asie et celle en Costa Brava, nous avons quand même couru 18 éliminations soit 36 manches avec les demi-finales, c’est beaucoup et c’est bien ! Clairement, le foil a sauvé les épreuves au Costa Brava et au Japon où nous avons animé les journées pendant lesquelles le vent n’était pas assez fort pour courir en slalom. Pour les organisateurs, c’est clair que le foil est une valeur sûre d’un point de vue du spectacle car nous avons fait des courses très proches de la plage, notamment en Corée. Par rapport aux formats de courses, je me suis régalé car j’ai aussi un historique en planche olympique et j’aime bien l’aspect tactique et stratégie mais j’ai quand même le sentiment que nous pourrions varier beaucoup plus les parcours, nous n’utilisons qu’un infime potentiel du foil. Pour moi, le foil n’est pas qu'une Formula montée sur un foil, nous pourrions proposer des slaloms notamment dans les vents faibles avec beaucoup de jibes et pourquoi pas sur des heat de 8 comme en slalom classique. Du coup, le développement du matériel pourrait s’élargir aussi sans se restreindre à rechercher des gros foils et des grosses voiles pour faire le plus de cap possible…. Pour moi, ce qui est génial en foil, ce sont les largues à 120/130° du vent mais malheureusement pour le moment, les formats de courses ne permettent pas de courir sur ces allures… Enfin, je tiens à tirer mon chapeau à notre directeur de course en Costa Brava qui n’a pas hésité à maintenir certaines manches mêmes lorsque le vent était bien inférieur à 10 nœuds.

 

WJ : Quelles sont les tendances qui semblent se dessiner à ce haut niveau de compétition ?
JB : Pour le moment, les courses se dirigent donc vers des upwinds/downwinds et du coup le développement du matériel également. Les manches courues sont courtes voir très courtes par rapport à ce que j’ai connu dans mon passé. Les demi-finales se disputent en général sur 5 minutes de courses et les finales sur environ 9. Ce sont des manches qui mettent clairement en avant l’importance des aspects stratégiques et les qualités mentales et j’apprécie particulièrement cela….

 

WJ : Avec ton passé d'athlète en RS:X, quel regard portes-tu sur un possible changement de support en windsurf et le windfoil qui pourrait ainsi être présent lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 ?
JB : Le windfoil est une chance pour tous. Depuis quelques années maintenant le windfoil se démocratise, beaucoup de monde se lance et adore le windfoil. Chez moi dans la baie de La Baule par exemple, je navigue parmi des amis de tout âge, de tout niveau et qui vivent à fond cette nouvelle passion pour le foil… Il faut vraiment profiter de cet élan pour enfin proposer une planche olympique qui soit la plus proche possible du pratiquant "de masse ». Si on regarde les athlètes de haut niveau qui préparent actuellement les JO, quasiment tous pratiquent en parallèle le windfoil et aimeraient voir le foil arriver pour les JO de 2024…. Si la planche reste à dérive en 2024, cela risque de faire des malheureux chez nos plus jeunes !!! Je suis monté sur un foil quelques jours après l’arrêt de ma carrière en 2016 et depuis, même si je respecte énormément les sportifs de haut niveau en olympisme, pour rien au monde je ne voudrais revenir sur une RS:X. Aujourd’hui, le foil en PWA montre que nous validons beaucoup de manches et je suis persuadé que nous pourrions en valider beaucoup plus avec une flotte olympique. Le nombre de coureurs sur la ligne de départ n’est pas un problème selon moi. Par exemple sur la PWA le nombre de coureurs est limité à 25 par départ car nous courons aussi avec du "no rules", le tribord/bâbord est la seule règle appliquée. Sur une flotte olympique, les règles sont bien plus strictes et connues par tous et donc les situations potentiellement dangereuses seraient plus facilement évitées. Nous pourrions donc être bien plus sur une ligne de départ en olympisme. Par exemple, le dernier jour à Costa Brava nous avons fait un départ à 40 et cela n’a posé aucun problème… Dans les conditions de vent faible, il serait judicieux de jouer sur des parcours innovants proposant du slalom, du reaching et des petits bords de près et le tout beaucoup plus proche de la terre pour assurer le spectacle… Avec NeilPryde, nous travaillons activement sur ce projet de windfoil pour les JO de 2024 et l’heure venue, nous proposerons un équipement dédié et des formats de courses innovants pour des conditions de 5 à 30 nœuds. Maintenant, pour revenir au windfoil en olympisme, je crains qu’en novembre la World Sailing ne soit réfractaire face à l’innovation que nous proposons et ne souhaite finalement pas modifier le support RS:X. Ce scénario serait extrêmement regrettable pour notre discipline qui tournerait le dos une évolution indéniable de la voile et en outre pour nos futures générations qui s’orientent dès aujourd’hui clairement vers le windfoil…

 

Pour en savoir plus sur Julien Bontemps : www.facebook.com/Julien-Bontemps-129837323762072

 

Source : Julien Bontemps
Photos : Carter/Pwaworldtour.com

tags: Julien Bontemps PWA World Tour windfoil

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