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3 questions à Thomas Traversa - Nazaré 2017

23/04/2018

Le 9 novembre dernier, le français Thomas Traversa s’attaquait à un monument en la présence de la vague de Nazaré au Portugal, un spot "défloré" en windsurf seulement par Jason Polakow avant lui en février 2016. Pour Windsurfjournal.com, F-3 revient sur cette expérience unique entre adrénaline et frayeur avec des photos exclusives signées Mathieu Pelikan de Siam Images !
 

Windsurfjournal.com : De l'Île aux Vaches à Nazaré, le surf de gros est devenu l'une de tes spécialités, comment est-ce que l'on se prépare pour ce type de conditions ?
Thomas Traversa : Le windsurf est un sport assez exigeant physiquement, surtout si on pratique dans les vagues. Naviguer dans des vagues plus grosses que la normale ne change pas grand-chose au type d'effort, à la limite c'est presque plus "tranquille" puisqu'on prend moins de vagues et qu'on ne fait pas de sauts. En revanche, quand on chute ou qu'on se fait enfermer dans l'inside, on se fait bien secouer et on peut rapidement se retrouver dans des situations dangereuses, et pour être prêt il n'y a qu'un seul moyen, naviguer dans des vagues solides, régulièrement, pour se sentir à l'aise et être capable de prendre les bonnes décisions rapidement. Pour le matos je n'utilise rien de spécial, une planche de vagues est faite pour aller vite, tourner facilement et être confortable dans le capot, c'est exactement ce dont on a besoin dans les grosses vagues ! il n'y a que l'aileron central dont je peux un peu augmenter la taille suivant les conditions, j'utilise un 16 ou un 17 cm au lieu de 15 cm pour gagner en accroche, au cas où... 

 

WJ : Nazaré est une vague très particulière, très peu windsurfée auparavant si ce n'est par Jason Polakow en 2016, comment as-tu abordé les prévisions météo et qu'est-ce qui t'a décidé à finalement y aller ce 9 fameux novembre ?
TT : Je suis parti en trip en famille dans l'optique de naviguer sur quelques spots entre Peniche et Lisbonne qui ne marchent que quand c'est gros, la météo prévoyait 3 jours avec du vent et de la houle... Naviguer à Nazaré était le bonus, si ça le faisait. Je ne savais pas quelle taille ça allait faire, si le vent serait assez fort, bien orienté, même si je me doutais que ça allait être navigable à un moment ou à un autre. Nous sommes arrivés le jour avant que le swell énorme ne rentre, il y avait 10/15 nœuds bien orientés et j'ai pu tester le spot dans une taille raisonnable. Le lendemain, les vagues étaient effrayantes, Pecas qui devait me faire la sécu en jet ski a mis à l'eau avant que le vent ne se lève et m'a dit que c'était trop chaud pour lui, j'ai regardé le spot plusieurs heures et il m'a semblé tout simplement impossible de m'amuser et de rider décemment ne serait-ce qu'une seule vague sans me mettre sérieusement en danger. J’en ai profité pour aller tester un nouveau spot vers Peniche et je me suis gavé. Le soir, j'ai quand même un peu regretté mon choix (qui était pourtant le bon je pense !) ... Le lendemain, la houle avait bien baissé, je n'ai pas hésité une seconde lorsque le vent s'est levé en début d'après-midi, j'ai préparé mon matos et Pecas m'a embarqué sur son jet ski.

 

WJ : Comment as-tu vécu l'événement de l'intérieur et t'es-tu fait de belles frayeurs ou poussées d'adrénaline ?
TT : C'est toujours intimidant de se retrouver au large quand les vagues sont grosses et qu'on ne connait pas vraiment le spot. L'adrénaline est bien là, une sorte d'euphorie mêlée à de la peur.  En début de session, le vent était léger et j'avais fait l'erreur de partir en 4.2 m², je ne planais pas du tout et je ne pouvais prendre les vagues que quelques secondes avant qu'elles ne cassent. Et une fois sorti de la vague, je n'avais qu’à espérer pouvoir retourner au large au ralenti sans me faire éclater par une série que je n'avais pas vu venir. Il y avait beaucoup de tension et de concentration, mais malgré tout c'était du pur plaisir une fois lancé sur ces pics lisses et hyper rapides. Après quelques vagues je me suis retrouvé lancé sur un mur qui tendait un peu plus que les autres, le temps que je décide de m'échapper il était trop tard et la vague suivante, plus grosse, m'a laminé. Ma voile était broyée, j'étais coincé dans l'inside et quand le jet m'a récupéré je me suis dit que la session était finie, j'étais un peu dégouté. J’ai craqué et j’ai sauté du jet avec mon matos, nagé jusqu'à la plage, couru jusqu'au camion pour prendre ma 4.5 m², recouru jusqu'au bord de l'eau et regréé en speed. Les vagues n'étaient pas énormes et au bout de 3 tentatives j’ai réussi à passer la barre avec un peu plus au vent et en pompant comme un forcené ! A partir de là, j'étais complètement excité et déstressé, le vent est monté et j'ai pris plein de vagues avec les 2 kitesurfers qui étaient à l'eau avec moi, c'était vraiment une session mémorable !


Pour en savoir plus sur Thomas Traversa : www.facebook.com/thomastraversaf3

 

Source : Thomas Traversa
Photos : Mathieu Pelikan/Siam Images

tags: Thomas Traversa Nazaré Siam Images

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