Yentel Caers n'aura montré aucun signe de nervosité à Sylt en Allemagne dernièrement dans sa quête d'un troisième titre mondial en freestyle. Le Belge fait preuve en effet d'une grande assurance et se qualifie pour la finale, une finale sans pression. Champion du monde PWA de freestyle masculin pour la troisième fois de sa carrière, il égale par la même occasion le palmarès d’un certain Ricardo Campello. Interview…
Windsurfjournal.com : Félicitations pour ton troisième titre mondial ! Comment te sens-tu après avoir atteint cet objectif à Sylt ?
Yentel Caers : Gagner est toujours un rêve, un objectif ambitieux dans lequel je mets toute ma passion et tous mes efforts à chaque saison, et terminer avec un titre, c'est épique ! Surtout avec un niveau aussi élevé chez tous les concurrents ! On ne peut pas se permettre la moindre erreur.

WJ : Même si tu as terminé deuxième à Sylt, tu as quand même remporté le titre mondial. Comment as-tu géré la pression liée à la course au titre ?
YC : J'aime la pression pendant les compétitions, cela m'aide à être performant dans les manches. La dernière finale a été très serrée avec Lennart Neubauer, mais j'avais déjà perdu le stress/la pression supplémentaire dont j'avais besoin pour me dépasser, car je savais qu'à ce moment-là, j'avais battu Steven Van Broeckhoven et que le titre était à moi. Mais Lennart méritait de gagner à Sylt ! Il était en feu ! Oui, je voulais vraiment gagner à Fuerte, car c'est LA compétition de freestyle de l'année, où tout le monde est au départ et où tout le monde est particulièrement motivé. Après ma victoire là-bas, tout s'est très bien passé et j'étais dans le rythme. Grâce à la petite erreur de Lennart (sa 5ème place à Fuerte), le titre était déjà à ma portée. Mais c'est sans aucun doute le jeune talent à battre en ce moment.
WJ : Tu as obtenu plus de 40 points dans trois de tes quatre heats. Comment décrirais-tu ton état d'esprit et ta préparation technique pour atteindre ce niveau ?
YC : On ne peut pas comparer les scores, car les conditions changent toujours d'une manche à l'autre. Mais nous avons bénéficié de conditions incroyables pour le freestyle à Sylt, ce qui nous a vraiment permis de montrer ce qu'est la discipline avec des figures et des sauts très puissants !

WJ : Lennart Neubauer a réalisé une performance exceptionnelle en finale. Qu'as-tu ressenti en l'affrontant en tête-à-tête ?
YC : C'est bien de le voir pousser, cela ne peut que faire progresser le niveau du freestyle. C'est toujours un défi de l'affronter, mais cela rend les choses intéressantes. En finale contre Lennart, j'avais déjà assuré le titre. C'est donc avant, lors des quarts et des demi-finales, que j'ai ressenti le plus de pression. J'étais très concentré et j'ai réalisé de solides performances. J'en suis très heureux. La finale a été la cerise sur le gâteau de cette journée. Lennart a réalisé une performance incroyable, c'était une manche de folie.
WJ : Quand as-tu réalisé que tu étais sur le point d'égaler le record de Ricardo Campello, qui compte trois titres mondiaux ?
YC : Ricardo Campello est une légende que je regardais quand je me suis mis au windsurf et au freestyle, donc l'égaler est incroyable. Remporter plus d'un titre n'est pas facile, et en remporter trois n'est qu'une étape supplémentaire.

WJ : Comment évaluerais-tu les progrès réalisés par le freestyle ces dernières années, notamment avec l'émergence de nouvelles figures ou le recours à des drones pour juger les performances ?
YC : Le freestyle devient complètement fou ! J'adore voir où cela va nous mener ! Dans les bons endroits, le freestyle va devenir encore plus spectaculaire et déjanté. Le recours à des drones pour juger les performances est une bonne solution de secours, mais ce n'est pas encore tout à fait au point, car différents angles et différentes hauteurs peuvent donner une vision différente. Mais cela viendra.
WJ : Quels sont tes objectifs pour le reste de la saison et pour l'avenir de ta carrière en freestyle ?
YC : Maintenant, il s'agit surtout de prendre du plaisir ! Continuons à pousser les jeunes. J'ai l'impression d'être au sommet de ma carrière en ce moment. Il y a certes une certaine pression de la part des jeunes riders, mais en fait, j'aime cette pression. Parce que j'aime le freestyle extrême et repousser les limites avec des doubles et des triples, voire des figures encore plus radicales. Et je pense avoir placé la barre assez haut pour les jeunes !
Source : Yentel Caers
Photos : Carter/Pwaworldtour.com