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Tahe Outdoor France en difficulté

02/03/2026

Avec vous, l'aventure continue

Le 27 février 2026, Tahe Outdoors France, ancien joyau de l'industrie nautique sous le nom de Bic Sport, a entamé une procédure de redressement judiciaire au tribunal de commerce de Vannes. Cette décision, précédée par celle de sa filiale de Cognac en décembre 2025, marque un tournant critique pour cette entreprise employant entre 66 et 88 salariés. Confrontée à un retrait du soutien financier de son actionnaire, le fonds luxembourgeois KJK Sports, l'entreprise cherche activement un repreneur. Renaud Lacoste, son président, reste optimiste. Avec une période d'observation de six mois, l'objectif est de préserver un savoir-faire unique en plasturgie et des marques phares comme TAHE et SIC Maui, tout en maintenant la production à Vannes.

Cette situation contraste avec les grandes années de Bic Sport, fondées sur la vision de Marcel Bich. Né en 1914, ce baron passionné de voile a révolutionné les produits du quotidien avec le stylo Cristal en 1950, le briquet en 1973 et le rasoir en 1975. En 1979, il crée Bic Sport en rachetant Tabur Marine, appliquant les méthodes de production de masse au nautisme. L'entreprise devient rapidement leader mondial en windsurf, vendant jusqu'à 90 000 unités par an dans les années 1980. Elle démocratise les sports de glisse avec des produits robustes et accessibles, comme la Techno 293 pour les juniors ou les kayaks sit-on-top.
Le site de Vannes, ancré dans le Morbihan, incarne l'excellence manufacturière. Résistant à la délocalisation vers l'Asie, il excelle en technologies propriétaires : ACE-TEC pour des planches rigides et légères en composite Epoxy, et TOUGH-TEC pour des équipements indestructibles en polyéthylène. En 2021, l'usine produisait 70 000 articles annuels, couvrant planches de windsurf, kayaks, SUP, surfs et wingfoils. Ces innovations environnementales, avec recyclage des chutes et faible consommation d'énergie, soulignent un engagement durable.

En 2019, Bic cède la filiale à Tahe Outdoors, rebaptisée TAHE en 2021. Malgré un boom post-Covid, le marché s'essouffle dès 2022 : saturation, essor des planches de SUP gonflables, inflation énergétique et concurrence asiatique érodent les marges. Tahe tente une diversification vers la sous-traitance automobile et des stations de location, mais les difficultés persistent.
Aujourd’hui, 66 emplois à Vannes sont directement concernés par la période d’observation ouverte pour six mois. La recherche d’un repreneur est engagée. Les atouts restent réels : marques reconnues, positionnement fort sur des classes monotypes comme la Techno 293, outil industriel unique en Europe. L’enjeu dépasse la survie d’une entreprise. Il s’agit de préserver un savoir-faire stratégique et une part de l’histoire industrielle du nautisme français et européen.

 

Source : Tahe Outdoor France
Photos : Tahe Outdoor France

tags: Tahe Outdoor France TAHE SIC Maui

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