Du haut de ses 15 ans, le Français Sören Nguema est venu à bout d’une terrible concurrence le 23 août dernier à Pwllheli aux Pays de Galles en s’imposant le dernier jour et lors de l’ultime course de la semaine des Techno World Championships 2025. Pour Windsurfjournal.com, il revient sur ce titre mondial qui vient clôturer de belles années sur l’eau en Techno 293…
Windsurfjournal.com : Pourrais-tu tout d’abord te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Sören Nguema : Je m’appelle Sören Nguema, j’ai 15 ans et je pratique la planche à voile depuis mes 9 ans, le moment où mes parents ont déménagé sur La Rochelle.
J'ai commencé la planche à voile sur l’île de Ré, je suis ensuite entré en Sport-Études Voile au collège Fromentin à la Rochelle. Aujourd’hui, je m’entraîne à la Rochelle Nautique tout en poursuivant mes études au lycée Dautet en section voile. Je navigue principalement en Techno 293, mais je pratique aussi le wingfoil et l'iQFOiL.

WJ : À seulement 15 ans, tu viens de décrocher le titre de Champion du Monde U17 en Techno 293 à Pwllheli. Peux-tu nous décrire ce que tu as ressenti au moment où tu as franchi la ligne d’arrivée en vainqueur de cette 15ème et dernière manche ?
SN : Je suis arrivé sur ce championnat avec confiance, en essayant de rester concentré et régulier toute la semaine. La dernière journée, j’étais déjà satisfait de ma position au classement (troisième ex æquo), mais je savais que je pouvais encore aller chercher quelques places, car peu de point me séparait des premiers. Alors, je me suis battu jusqu’au bout sur les trois dernières manches. Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée de la 15ème manche en tête, j’ai compris que je l'avais fait. C’était un moment incroyable, un mélange de soulagement, de joie et de fierté. J’ai lâché ma voile, sauté à l’eau, c’était instinctif. Même aujourd’hui, j’ai encore du mal à y croire.
WJ : Tu as fait preuve d’une régularité remarquable en restant dans le top 4 dès les premières courses. Quelle était ta stratégie pour gérer cette pression et maintenir cette constance face aux favoris grecs, habitués des podiums internationaux ?
SN : En venant au championnat du monde de Pwllheli, je visais le top 5. Je connaissais bien mes principaux adversaires rencontrés lors des championnats d'Europe en avril. Toute la semaine, je suis resté dans le top 4 en tenant mon objectif. Le 4ème jour, en remportant deux manches, j’ai commencé à croire au podium. Les cinq premiers étaient vraiment très proches en termes de niveau ce qui rendait la compétition très serrée. Le dernier jour, la pression est revenue, car une seule mauvaise manche pouvait tout faire basculer. Manche après manche, j’ai gagné une place, jusqu’à terminer premier au général ! Je peux dire sans hésiter que David Quercy, mon coach à l'international, a joué un rôle clé dans mon parcours. Il m'a très bien conseillé et fait progresser sur des petits détails techniques et théoriques qui ont fait toute la différence. Je lui dois beaucoup ainsi qu'à mes entraineurs habituels du pôle de la Rochelle, Max Frouin, et du club La Rochelle Nautique, Yann Sautière, qui n'ont pas pu faire le déplacement étant mobilisés sur les championnats de France.

WJ : En 2023, tu étais déjà Champion de France Minimes. Comment cette première expérience t’a-t-elle aidé à te préparer mentalement pour ce défi mondial ? Quelle a été ta progression la plus importante entre ces deux titres ?
SN : Gagner le championnat de France m’a vraiment donné confiance. Ça m’a conforté dans l’idée que ce que je voulais faire, c’était de la régate. Cette victoire m’a motivé à participer à des compétitions internationales comme les championnats du monde en Hongrie et les championnats d’Europe en Italie. Me confronter aux meilleurs jeunes du monde m’a fait énormément progresser et m’a permis d’atteindre mon niveau actuel.
WJ : La Techno 293 One Design est réputée pour être la classe de référence mondiale pour les jeunes de moins de 17 ans. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans cette discipline et qu’est-ce qui la rend si spéciale selon toi ?
SN : Ce que j’aime le plus dans la planche à voile, c’est la sensation de liberté, de pouvoir aller où je veux, dans toutes les conditions. La Techno 293 est une monotypie, donc tout le monde a le même matériel : seules la technique, l’envie et la stratégie font la différence. Et puis, il y a l’ambiance des régates internationales, les rencontres, les souvenirs partagés... C’est ce qui me fait vraiment aimer ce sport.

WJ : À 15 ans, comment arrives-tu à concilier tes études avec un entraînement intensif et les voyages pour les compétitions ? As-tu des objectifs scolaires parallèlement à tes ambitions sportives ?
SN : Je suis en section Sport-Etudes Voile au lycée Dautet à La Rochelle. J’essaie de concilier au mieux les cours et les régates. Ce n’est pas toujours simple, surtout quand les compétitions tombent en même temps que les périodes d’évaluations. Mais pour l’instant, j’arrive à gérer les deux.
WJ : Maintenant que tu es Champion du Monde U17, quels sont tes objectifs pour la suite ? Envisages-tu de continuer dans d’autres classes ou as-tu d’autres projets nautiques en tête ?
SN : Maintenant que j’ai atteint mes objectifs en windsurf, j’ai envie de me consacrer un peu plus au wingfoil. C’est un support qui offre des sensations très différentes, et j’ai hâte d’explorer cette nouvelle discipline.
Source : Sören Nguema
Photos : George Altham / PhotoBoat / www.photoboat.co.uk