Matteo Iachino, l’interview

14/08/2026

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Durant le Fuerteventura Grand Slam à Sotavento, Matteo Iachino a sans doute livré l’une de ses meilleures performances de tous les temps sur le World Tour : l’Italien a remporté en effet cinq des sept premières éliminatoires, affichant ainsi un bilan parfait. Malgré un léger passage à vide le dernier jour, il devient le premier homme à ravir le titre du Slalom X à Pierre Mortefon. Interview de celui qui s’est montré incroyablement rapide toute la semaine et qui va désormais se concentrer à nouveau sur le Foil Slalom foil dans l’espoir de remporter un cinquième titre mondial PWA.

 

Windsurfjournal.com : Matteo, tu viens de décrocher ton premier titre mondial de Slalom X à Fuerteventura, au terme d’une semaine complètement folle à Sotavento. Quel est ton sentiment dominant, quelques jours seulement après cette victoire, dans des conditions que de nombreux riders ont décrites comme parmi les plus difficiles qu’ils aient jamais affrontées ?
Matteo Iachino : J'ai passé une semaine de compétition incroyable. Ces cinq jours m'ont semblé interminables, avec beaucoup de vent, de nombreuses courses et autant de défis. Je me suis éclaté sur l'eau, courir par vent fort, c'est tout simplement génial, car ça permet d'emprunter différentes trajectoires, de se rattraper si on a commis une erreur au départ, etc. On a aussi eu quelques journées avec des vagues. Je pense sincèrement que c'était la meilleure épreuve de slalom à laquelle j'ai participé depuis que j'ai commencé la compétition.

 


WJ : Dès le début des phases éliminatoires, tu as imposé un rythme incroyable, en remportant cinq de tes sept premiers matchs. As-tu rapidement senti que tu étais sur une bonne lancée cette semaine, avec un niveau de confiance plus élevé que d’habitude ?
MI : J’ai travaillé dur les mois précédant Fuerte. J’ai mis le foil de côté pour me concentrer sur la course en aileron, afin de retrouver les sensations d’antan, lorsque je faisais des courses avec ce support. Le matériel m’a beaucoup aidé : les planches sont superbes et les voiles sont incroyablement rapides et faciles à manier. J’ai tout testé et je me sentais plus en confiance que jamais avant la compétition. Cela permet d’être plus détendu sur l’eau, en se concentrant uniquement sur ses performances et la course.

 

WJ : Le Slalom X exige une combinaison très spécifique de compétences : une vitesse fulgurante, la maîtrise des jibes, la capacité à contourner les obstacles et un engagement physique total. Selon toi, quel a été le facteur clé qui t’a permis de faire la différence à Fuerteventura ?
MI : Je me suis entraîné pour faire face à tous les "facteurs X" qui pourraient se présenter. Comme tu les dis, il ne s’agit pas seulement de la vitesse, des obstacles ou de la gestion de l’énergie sur une longue distance ; il y a de nombreux facteurs, et j’ai essayé d’être prêt et à l’aise face à chacun d’entre eux. Le fait de savoir que je les avais tous testés à plusieurs reprises et que je m’étais entraîné autant que possible m’a permis de me sentir beaucoup mieux et plus prêt.

 


WJ : La dernière journée aurait pourtant pu transformer cette victoire en cauchemar avec ton élimination en demi-finale de l’Elimination 10, alors même que Pierre Mortefon était en train de réaliser une belle remontée. Comment as-tu géré cette pression dans les dernières heures de la compétition ?
MI : Je n’avais presque jamais atteint l’avant-dernière journée d’une compétition avec un tel avantage sur le deuxième coureur. Je me suis dit que je voulais simplement y aller en douceur et ne pas en faire trop, et c’est là que j’ai commis quelques grosses erreurs. Le problème, c’est qu’à ce niveau, il faut tout donner quoi qu’il arrive. J’ai discuté avec quelques amis, mon entraîneur, puis je me suis simplement remis dans le bain, en me détendant et en me concentrant sur la dernière épreuve comme si c’était la première, et j’ai réussi.

 

WJ : Pierre Mortefon a une nouvelle fois démontré son incroyable capacité à ne jamais baisser les bras en remportant les deux dernières manches, entretenant ainsi le suspense jusqu’à la toute fin. Que représente pour toi cette rivalité avec lui, qui marque le circuit mondial de slalom depuis plusieurs années ?
MI : J’aime courir contre Pierre. J’ai beaucoup de respect pour le travail qu’il consacre à sa préparation, car je fais la même chose et je sais ce que cela implique. Il est performant dans toutes les conditions, aussi bien en aileron qu’en foil, et rares sont les riders aussi complets que lui. Un titre remporté face à lui a toujours plus de valeur, c’est certain, et courir sans cette rivalité ne me pousserait probablement pas à donner le meilleur de moi-même comme le fait son refus de baisser les bras.

 


WJ : Cette saison marque également un nouveau chapitre de ta carrière avec ton passage chez NeilPryde après plusieurs années chez Severne. Ce titre mondial est donc arrivé très rapidement avec ce nouvel équipement. Qu’est-ce qui t’a le plus surpris dans cette nouvelle configuration ?
MI : La combinaison de mes planches et de mes voiles est excellente. Depuis que j’ai commencé la compétition, je rêvais de courir avec le combo Starboard/NeilPryde, car Pryde a toujours été à la pointe de la compétition en windsurf. Les voiles offrent un mélange incroyable de vitesse, d’accélération, de plage de vent et de souplesse… Je suis vraiment heureux de ma situation actuelle.

 

WJ : Ce titre de Slalom X vient couronner une carrière déjà exceptionnelle, qui compte plusieurs titres mondiaux et de nombreuses places sur les podiums internationaux. Où situes-tu ce dernier triomphe dans ton parcours personnel ?
MI : C’est vraiment difficile à dire, car chaque titre, mais aussi chaque place sur un podium mondial, est le fruit d’un travail et d’une passion immenses, et ils sont tous importants. Vu de l’extérieur, on voit un gars avec 5 titres mondiaux et plus de 6 fois la deuxième place, et tout semble facile. Chacun de ces résultats cache tant d’heures de travail, tant d’échecs, tant de moments décevants et tristes… Chacun de ces résultats revêt une importance particulière à mes yeux. Mais étant donné que ce que j’aime le plus en windsurf, ce sont les courses de vitesse par vent fort et que mon épreuve préférée a toujours été celle de Fuerteventura, je dirais probablement que ce dernier titre, remporté dans des conditions folles, est le plus beau.

 

Source : Matteo Iachino
Photos : Carter/Pwaworldtour.com

tags: Matteo Iachino PWA World Tour Fuerteventura Grand Slam

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