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Matteo Iachino, l’interview

20/11/2025

Champion du monde PWA en 2016 et en 2023, l’Italien Matteo Iachino remporte un troisième trophée dans sa carrière avec le titre mondial en Foil Slalom cette année. Presque dix ans après son premier sacre international, ITA-140 revient sur sa saison et ses adversaires, lui qui n’est pas encore prêt à raccrocher !

 

Windsurfjournal.com : Matteo, tu viens de remporter ton troisième titre mondial après ceux de 2016 et 2023. Comment décrirais-tu l'évolution de ton approche de la compétition entre ces trois titres ?
Matteo Iachino : En réalité, c'est mon quatrième titre mondial, car j'en ai remporté un en speed foil ISWC en 2024. Évidemment, les titres PWA sont les plus prestigieux et derrière eux se cache une quantité de travail incroyable. Le sport a beaucoup changé, tout comme la plupart des riders. Ce qui n'a pas changé, c'est ma façon de travailler. J'adore le windsurf et j'essaie d'être aussi préparé que possible, quelle que soit la discipline dans laquelle je vais concourir. L’aileron est plus physique, le foil consiste surtout à régler son équipement comme un fou et à préparer toutes les combinaisons pour les vents faibles, moyens et forts. Je considère le foil comme la F1 du windsurf, tandis que le Slalom X est comme le motocross. C'est incroyable d'avoir remporté cette année la coupe du monde PWA en Foil Slalom, car j'ai désormais un titre en aileron en 2016, un titre mixte aileron/foil en 2023 et un en foil en 2025.
 


WJ : Cette année, tu étais assuré du titre mondial en terminant dans le top 5 au Japon. Comment as-tu géré la pression sachant que le titre était presque acquis, sauf gros accident ?
MI : Je sais qu'une compétition n'est terminée que lorsqu'elle est terminée. J'ai travaillé dur pour obtenir le plus d'avantages possible avant la dernière épreuve, mais tout peut arriver. Si vous n'avez que deux éliminations sur l'ensemble de l'épreuve dans des conditions marginales, il est très facile de faire une erreur et peut-être d'être éliminé de la finale gagnants. J'ai essayé d'être aussi régulier que possible sans prendre trop de risques.
 

WJ : Tes performances au Japon ont été remarquablement régulières, avec deux deuxièmes places et deux troisièmes places. Quelle a été ta stratégie pour rester régulier dans des conditions aussi changeantes ?
MI : J'ai essayé de pousser suffisamment pour être en finale gagnants et de ne pas prendre trop de risques, excepté si j'étais en mauvaise position. J'ai réussi à me qualifier pour toutes les finales PWA de la saison. Puis en finale, j'ai géré la course en essayant d'être en première ligne, mais sans trop pousser pour ne pas risquer un départ prématuré. Je peux vous dire que ce n'est pas si facile. Ce n'est que lors de la dernière course, à partir du deuxième bord, que j'ai poussé à fond, au risque de chuter, pour me battre avec Pierre Mortefon. J'avais la possibilité de terminer deuxième de l'épreuve, et j'ai tenté le coup. Le reste de l'épreuve, je me suis concentré à fond pour rester en position sûre pour le championnat.
 


WJ : Tout au long de la saison 2025, quelles ont été les courses ou les moments clés qui, selon toi, ont vraiment consolidé ta victoire au classement général ?
MI : La Guadeloupe m'a permis de démontrer tout mon potentiel, puisque j'ai remporté toutes les manches. J'étais à fond dès le départ et j'ai poussé aussi fort que possible, et ç'a super bien marché. À Sylt, j'ai tout donné tout en gardant un œil sur Pierre Mortefon, car je savais qu'il était mon principal rival. Lors d'une manche à Sylt, nous avons livré une belle bataille avec Pierre, et je l'ai battu. À ce moment-là, j'ai vraiment pris confiance en moi pour la saison. J'ai ensuite pris une bonne avance après cette épreuve.


WJ : Comment évalues-tu la compétition cette saison, en particulier tes principaux rivaux pour le titre, et qu'est-ce qui t’a permis de rester en tête ? Il y a aussi le fait que Johan Soe n'a participé qu'à deux des trois épreuves...
MI : Pierre Mortefon a sans aucun doute été le principal rival. C'est un rider incroyable, complet dans toutes les conditions, peu importe où et quand nous nous affrontons. Maciek Rutkowski a également été très solide. Il y a beaucoup de jeunes riders qui montent en puissance, ce qui peut être dangereux dans une élimination. Ce serait cool de voir Johan Søe sur toute une saison, sous pression, dans une vraie lutte. C'est un rider incroyable et ce serait sympa de se battre contre lui sous pression. Il a navigué de manière incroyable, avec précision et vitesse, sans faire d'erreurs, à part quelques-unes à Sylt, mais je dois dire que c'est aussi plus facile quand on n'a rien à perdre. On se lance à fond et on ne risque rien. Je regardais Pierre comme Pierre me regardait... Je ne me souciais pas vraiment de ce que faisait Johan, sauf à Sylt où il était derrière moi et où j'ai poussé autant que possible.



WJ : Tu as remporté tes titres mondiaux sur plusieurs années. Comment maintins-tu ta motivation et ton niveau de performance face à la pression et à l'expérience accumulée ?
MI : J'adore le windsurf. J'adore ma vie, m'entraîner, voyager, participer à des compétitions et gagner. Gagner est addictif. Gagner est l'un des meilleurs sentiments au monde et une fois que vous y avez goûté, vous en voulez toujours plus. Cela me motive chaque année à donner le meilleur de moi-même et à essayer d'être la meilleure version de moi-même.
 

WJ : Maintenant que la saison est terminée, quels seront tes prochains objectifs, tant sur le plan sportif que sur le plan personnel ou professionnel ?
MI : Mon objectif actuel est de faire du windsurf, du surf et de me détendre à Maui où je viens d’arriver il y a quelques jours. Ensuite, je rentrerai chez moi à Tenerife et je reprendrai progressivement l'entraînement. Comme je l'ai dit, gagner est addictif et je n'ai pas encore fini.


Source : Matteo Iachino
Photos : Carter/Pwaworldtour.com

tags: Matteo Iachino PWA World Tour Fly! ANA Yokosuka Miura Windsurf World Cup

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