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Lisa Wermeister, l’interview

27/05/2025

À 19 ans et déjà une belle expérience derrière elle, la Française Lisa Wermeister est la waverideuse à suivre dans les années à venir… Après un début de saison marqué par deux épreuves du PWA/WWT au Chili puis à Maui, elle revient avec Windsurfjournal.com sur son parcours et le chemin qui lui reste à parcourir pour atteindre les sommets.

 


Windsurfjournal.com : Tu viens d'enchaîner tour à tour les épreuves PWA WWT au Chili puis à Maui, quel bilan fais-tu de ces deux expériences et de ce début de saison ?
Lisa Wermeister : J’ai choisi de commencer ma saison avec deux étapes consécutives : le Chili en waveriding bâbord, une étape 5 étoiles, avec des vagues bien consistantes, et Maui, une étape 4 étoiles que j’aime particulièrement puisque c’était déjà ma 3ème fois là-bas. C’était un vrai défi au niveau de l’organisation, car les deux compétitions s’enchaînaient à une semaine d’intervalle, ce qui demandait une grosse préparation en amont. Mais finalement, ce choix a vraiment payé, j’ai pu analyser et corriger mes erreurs après le Chili pour faire mieux à Maui, en arrivant plus confiante et en gardant le rythme de la compétition. Et dans les deux cas, les conditions étaient top : des vagues de qualité, avec de la taille et de la puissance, tout ce que j’aime ! Les résultats obtenus me placent en bonne position pour la suite de la saison.


WJ : La saison dernière, tu t'es illustrée en prenant une belle 5ème place lors de l'Aloha Classic à Hookipa et en affrontant des conditions solides, peux-tu nous parler de cette expérience ?
LW : L’Aloha Classic de l’an dernier a été un vrai tournant pour moi. Hookipa, c’est le spot mythique très engagé que je respecte énormément et cette année-là, les conditions étaient vraiment solides. J’ai dû tout donner, physiquement comme mentalement, pour rester lucide et performante sur l’eau. Ce que je retiens particulièrement, c’est mon heat face à Sarah-Quita Offringa, la championne du monde en titre. J’ai réussi à obtenir le meilleur score du heat, et à rider la plus grosse vague de la journée. C’était un moment intense, où j’ai vraiment senti que je pouvais rivaliser avec les meilleures et cela reste, pour l’instant, LA vague de ma vie.
Au-delà du résultat, cette compète m’a énormément appris. Elle m’a aidée à gérer la pression, à croire en moi, et surtout à me faire confiance dans les grosses conditions. C’était une expérience hyper marquante, qui m’a clairement fait passer un cap.




WJ : Pourrais-tu nous parler de la Maui ProAm, cette récente épreuve à Hookipa et la manière dont elle s'est déroulée pour toi ?
LW : Je suis arrivée dix jours avant la compète pour m’entraîner, bien motivée. Mais trois jours avant le début, je me suis blessée au pied en restant coincée dans mon footstrap. Je ne savais même pas si j’allais pouvoir participer, mais j’ai tout fait pour récupérer, et au final, ça l’a fait. Un truc de dingue, la majorité des Français étaient blessés en même temps… Antoine Martin, Sarah Hauser et Camille Juban, une vraie équipe de bras cassés ! Les conditions avant et pendant le contest étaient vraiment bonnes pour la saison, avec du vent fort. Les premiers heats, je les ai faits dans la douleur, mais une fois lancée, j’ai réussi à faire abstraction, et la motivation a pris le dessus. L’ambiance était beaucoup plus détendue que sur l’Aloha Classic, en petit comité, ce qui m’a permis de vraiment profiter. J’ai pu rider face à Angela Cochran et d’autres filles avec un super niveau. Et comme j’étais la seule fille inscrite chez les juniors, j’ai aussi couru avec les garçons, ce qui m’a permis de passer plus de temps sur l’eau. En plus des résultats habituels, des prix spéciaux comme le meilleur ride et le meilleur saut ont été décernés par Mark Angulo et Jason Polakow, des légendes du windsurf. À ma grande surprise, j’ai reçu le prix du meilleur ride féminin de toute la compétition, ce qui fait vraiment plaisir. Résultat des courses, je termine deuxième chez les femmes et première en Pro Junior.


WJ : Que te manque-t-il selon toi pour rentrer dans le top 3 d'une épreuve mondiale avec tous les favoris au rendez-vous ?
LW : Pour rentrer dans le top 3, je pense qu’il me manque encore un peu de constance, notamment dans les heats de demi-finale. Quand je me retrouve dans ces phases décisives, je gère parfois mal le stress, ce qui affecte mes placements et ma stratégie. C’est quelque chose sur lequel je travaille activement. En parallèle, je sens que j’ai bien progressé en surf. Je suis de plus en plus agressive et radicale sur les vagues, et je me sens aussi à l’aise en bâbord qu’en tribord, ce qui est un gros atout pour moi. En saut, j’ai une bonne base et j’ai hâte de progresser dans les mois qui suivent et de poser mes push loops en compétition. Je sais que tout ça se rapproche. C’est une question de temps et d’entraînement.



WJ : Quel regard portes-tu sur l’évolution du sport et la place des femmes au sein du circuit mondial au fil de ces dernières années ?
LW : Je pense que le windsurf féminin en vagues a vraiment bien évolué ces dernières années. Déjà, parce qu’on a aujourd’hui du matériel adapté à nos gabarits, ce qui change tout dans la progression, le niveau des filles aujourd’hui est très solide ! Au niveau du circuit, la parité est de plus en plus respectée : les femmes ont les mêmes prize money que les hommes et elles courent sur toutes les étapes du tour PWA/WWT. C’est motivant ! Après, il y a toujours des choses à améliorer. Par exemple, selon les spots, les heats féminins ne sont pas toujours validés dans les mêmes conditions que ceux des garçons, donc il y a parfois un petit écart de traitement…. Mais dans l’ensemble, le sport avance dans le bon sens et c’est super encourageant pour les nouvelles générations comme moi.


WJ : À 19 ans, tu as encore de belles années devant toi, que peut-on te souhaiter pour la suite ?
LW : Ce qu’on peut me souhaiter, c’est d’atteindre mon objectif d’entrer dans le top 8 cette année, de continuer à progresser, à prendre du plaisir sur l’eau, faire des podiums, voyager, profiter pleinement de chaque expérience… Et aussi de réussir dans mes études, ce qu’on oublie souvent, mais qui est tout aussi important pour moi !


WJ : Comment te vois-tu dans 5 ans, 10 ans, 20 ans...?
LW : Plus tard, je me vois proche d’un spot de vagues, avec un boulot qui me permette d’allier ma passion et le plaisir du voyage. Toujours sur une planche à voile, et avec, je l’espère, encore plein de projets en lien avec le windsurf. Un peu comme mes parents et mes grands-parents, qui ont construit leur vie autour de ce sport. Une Lisa façonnée par toutes ces expériences, plus confiante, et peut-être un peu moins stressée en demi-finale !

 

Source : Lisa Wermeister
Photos : Fish Bowl Diaries

 

tags: Lisa Wermeister PWA WWT World Wave Tour MFC Maui ProAm

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