Au terme d’une première journée mémorable jeudi sur le Défi Wind à Gruissan, le vent fait un retour fracassant et permet de valider une course classique de 40 km. Et, mieux encore, les concurrents en aileron font main basse sur le classement général. Après deux éditions marquées par une disette de vent frustrante pour les passionnés, le Défi Wind 2026 retrouve enfin son ADN dès la première journée à Gruissan, balayée par une solide Tramontane. Et quelle entrée en matière ! Entre rafales dépassant les 40 nœuds, mer agitée et départs sous tension, cette ouverture replonge immédiatement les 1350 inscrits dans l’esprit extrême de cette épreuve mythique.

Quelques minutes avant le lancement, un violent coup de vent vient semer le doute sur le dispositif de départ. Finalement, la situation se stabilise autour de 20 à 35 nœuds sur le parcours, offrant une longue manche musclée de près de 40 kilomètres. Dans ces conditions particulièrement physiques, seuls 622 concurrents parviennent à rallier l’arrivée, preuve de la rudesse de cette première confrontation avec la Tramontane.
En aileron, c’est le Néerlandais Jordy Vonk qui frappe fort. Très rapide en 6.2 m², il s’impose avec style et efficacité devant Matteo Iachino, confirmant au passage le retour en grâce de l’aileron dans le vent fort et le chantier méditerranéen. Alors que le foil semblait intouchable ces dernières saisons sur de nombreuses longues distances, cette première journée a clairement tourné à l’avantage des flotteurs à aileron. Le premier concurrent en foil termine seulement aux avant-postes du top 10, dans des conditions rendues encore plus délicates par la présence d’algues sur certaines portions du plan d’eau. Malgré cela, Alexis Mathis parvient à tirer son épingle du jeu en s’imposant dans la catégorie foil.

Ayant finalement opté pour l’aileron, mais inscrite dans la catégorie Unlimited, Justine Lemeteyer signe également une prestation solide chez les femmes malgré un contexte particulièrement technique. La journée est malheureusement aussi été marquée par une lourde chute du Belge Cyril Evrard après l’arrivée. Emporté par une rafale alors qu’il n’était plus au planing, le rider se blessé à la jambe dans un incident rappelant toute la dangerosité du foil dans des conditions extrêmes. En Windsurfer LT enfin, seuls 18 concurrents, dont trois femmes, sur près de 40 engagés parviennent à boucler la course dans ces conditions compliquées.
Après deux années sans Tramontane, le Défi Wind renoue enfin avec son image de marathon sauvage et spectaculaire alors que le vent est encore annoncé pour les deux jours à venir…
Source : Michel Merceur - Défi Wind
Photos : Défi Wind Eyes/Louis McHugh - Défi Wind Eyes/JM Cornu