La chronique hawaiienne de Raphaël Filippi

08/11/2016

En séjour dernièrement sur l’île de Maui à Hawaii, Raphaël Filippi assistait en spectateur privilégié à la NoveNove Maui Aloha Classic. Pour Windsurfjournal.com, il nous livre ses impressions quelques heures seulement après son retour en France !

 

"Une petite dernière pour la route !!!
Les meilleures choses ont une fin et il est l’heure pour moi de retrouver l’eau froide et le Mistral glacial de la Côte Bleue. Même si l’Aloha Classic n’est pas terminée au moment où je dois m’échapper, je suis obligé d’admettre que cette édition restera à tout jamais dans les annales. Entre la taille du swell et le niveau d’engagement des riders, le windsurf est passé dans une autre dimension. La même dimension, précisément, que celle que l’on avait pu découvrir avec le Red Bull Storm Chase. Il ne manquait d’ailleurs que Thomas Traversa pour leur mettre à tous une deuxième correction made in France.
Le windsurf est enfin en train de redorer son blason grâce à des jeunes riders comme Kai Lenny. A l’aise sur tous les supports, il a rapidement obtenu une vraie légitimité de waterman. Capable de charger Jaws en SUP, de participer à une compétition de surf de gros à Mavericks ou de mettre une correction aux riders de la PWA lors de l’Aloha Classic, il est le gendre idéal pour toutes les jeunes mamans présentes sur le spot. L’époque de Robby Naish et de Jason Polakow est officiellement révolue et la jeune génération capte enfin les médias outre-Atlantique. C’est grâce à des gens comme Kai que le windsurf va redémarrer car il lui donne une vraie crédibilité en criant haut et fort dans les oreilles des surfers les plus extrêmes que c’est le meilleur sport du monde !!! Les sponsors ne s’y trompent pas car entre Red Bull, Naish, Tag Heuer, Nike et GoPro, Kai Lenny, notre nouvel ambassadeur, vivote avec des budgets annuels à 7 chiffres !!!
L’AWT, la PWA et NoveNove ont fait un énorme boulot pour arriver à ce que cette Aloha Classic soit un succès. Le live a été suivi dans le monde entier. Je coupe tout de suite la parole aux mauvaises langues qui me disent qu’il y a des coupures ou qu’il faut se lever la nuit. Les installations techniques sont complexes à Hookipa et le décalage horaire avec l’Europe sera toujours de 12 heures !!! Pour info, vous devez savoir que les windsurfers ne sont pas les bienvenus sur le spot. J’ai été témoin, juste après la cérémonie d’ouverture, d’une agression en règle de Cesare Cantagalli par un gros surfer local. Cesare s’est fait insulter en pleine interview par ce gars enfumé et alcoolisé qui ne pouvait pas se garer pour aller surfer. Il a terminé son monologue par un "Fucking Euro, Go home !!!" qui en dit long sur son amour pour la planche à voile !!! Le décor est planté et il faut savoir qu’ici, ce n’est pas simple !!!
Le fait important de la journée de samedi est bien évidemment le titre de Victor Fernandez, le monsieur propre du waveriding. C’est Klaas Voget, son meilleur ami et collège de team qui l’a sorti et qui était au final dépité. Suspens insupportable pour les deux hommes sur la plage et Victor aura dû attendre la défaite lors du tour suivant d’Alex Mussolini pour valider son 2ème titre de champion du monde. Il le mérite vraiment et il a prouvé qu’il faisait partie des tops riders d’Hookipa. Il a simplement été très malchanceux avec des vagues qui ferment et un passage dans les rocks. Il reste à ce jour le waverider le plus complet et le plus polyvalent avec Thomas Traversa et je vois mal Bernd Roediger ou Levi Siver gagner le moindre heat devant lui à Pozo.
Un immense bravo aussi à Sarah Hauser qui a su exploiter les conditions difficiles et qui a prouvé au monde entier qu’elle était bien la meilleure à Hookipa. Cocorico !!! Morgane Noireaux, le plus français des locaux d’Hookipa, a été un peu moins percutant cette année sûrement à cause des conditions trop aléatoires mais reste un des meilleurs riders à l’impression générale.
Pour enchainer sur la French Connection, j’ai été scotché par le niveau interplanétaire de Camille Juban. Ne vous arrêtez pas au résultat, ce garçon est à ce jour le meilleur rider du spot. Placement incroyable, un rythme et un style unique avec pour seul handicap celui d’être français !!! Ou peut-être de ne pas faire de stand up ? En tout cas, il n’a malheureusement pas le même pouvoir attractif que Kai Lenny pour les sponsors extra-planche. Je lui souhaite que ça change car il le mérite vraiment. Le team Gwada a également scoré cette année avec Titoun (Antoine Martin) qui est aussi dans le top 10 mondial et qui monte toujours en puissance avec son style des îles et sa gentillesse légendaire. Un grand bravo au passage à notre Wesh national (Julien Taboulet) qui fait une belle saison et qui va toujours au charbon quand les conditions sont énormes.
Pour finir cette chronique, je vous rappelle quand même que c’est La Pérouse, un navigateur français, qui a découvert Maui. Certes, il s’est fait manger par les autochtones en posant ses pieds sur la terre ferme. L’histoire ne dit pas si c’était à Hookipa mais quand même, cocorico !!!"

 

Pour en savoir plus sur Raphaël Filippi : www.raphaelfilippi.com

 

Source : Raphaël Filippi
Photos : Jimmie Hepp Photography - Carter/Pwaworldtour.com

tags: Raphaël Filippi PWA World Tour NoveNove Maui Aloha Classic Hookipa

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