Sixième du récent Défi Wind dans la catégorie aileron, le Français Kevin Grosjean est surtout le premier véritable amateur, au sens noble du terme, à bousculer les professionnels présents à Gruissan. Pour Windsurfjournal.com, il revient sur sa participation à cette épreuve sur laquelle il prend toujours autant de plaisir, année après année…
Windsurfjournal.com : Bonjour Kévin et tout d'abord félicitations, pour commencer que retiens-tu de cette sixième place et également le meilleur amateur en catégorie aileron au Défi Wind ?
Kevin Grosjean : Ouais, merci Philippe, c'était une belle édition, ce que je retiens surtout, c'est les belles bagarres que j'ai eues avec les pros, on a eu des conditions de navigation parfaites, c'était pas non plus trop fort. Donc le fait qu’un événement que j'adore se soit déroulé comme ça, c'est extraordinaire ce week-end.

WJ : Pourrais-tu te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?
KG : J'ai 38 ans, je vis à Bandol, je suis passionné de windsurf et moi ce qui me fait kiffer, c'est la longue distance, j'adore ça. Je bosse chez Funway, le surf shop à La Garde, du côté de Toulon, et après j'essaye de passer un maximum de temps sur l'eau, partageant mon temps entre ma famille, mon job et le windsurf quoi.
WJ : Tu as navigué aux côtés des meilleurs mondiaux comme Matteo Iachino, Nico Prien, Jordy Vonk ou encore Pierre Mortefon, quel sentiment cela te fait-il de te mesurer à ces professionnels ?
KG : Oui, naviguer avec les meilleurs, c'est vraiment cool, en fait ça me permet de devoir vraiment pousser à 100% pour tenir le rythme. C’est ce que je recherche en planche, à toujours aller plus vite et à pousser comme ça. Donc c'est génial, c'est ce qui me fait vivre. Après le top 5, c'est encore un peu un monde à part, les mecs ne font pas d'erreurs, physiquement ils sont capables de rester à fond pendant toute une manche, chose que je ne sais pas encore faire.

WJ : Cette année, les parcours du Défi Wind ont eu lieu dans une Tramontane particulièrement musclée, comment as-tu géré ta stratégie de course et ton endurance sur une telle distance et dans ces conditions ?
KG : Comment j'ai géré ma stratégie ? Je n'ai pas vraiment géré mes courses ! À chaque manche, j'étais absolument incapable de ne pas tout donner sur le premier bord, je suis arrivé absolument carbonisé à toutes les premières bouées, et je crois que c'est un peu aussi ce qui me fait plaisir de ce premier bord. Donc la gestion pas top, sinon après, niveau tactique, ça fait quelques années quand même que je suis sur le Défi, donc je commence à avoir une belle expérience du spot. Je sais éviter les plus gros pièges, donc ça aide bien.
WJ : Quel matériel as-tu choisi pour rester compétitif parmi les meilleurs ? Pourquoi ces choix de matériel te semblent-ils adaptés par rapport au plan d'eau ?
KG : Au Défi, j'utilise mon matos de toute l'année, moi j'ai des NeilPryde, des RS:Racing. Sur ce Défi, j'étais en 5.6 et 6.5 m². Après j'ai les JP de Slalom, cette année encore la 62,5 et la 66. C'est du matos qui déboule, que je connais super bien, qui est réglé, je prends pas mal de temps à peaufiner les réglages pour être efficace. Je bosse pas mal sur l'efficacité, sur les allures un peu serrées, ce sont des choses qu'on retrouve pas mal sur Gruissan, et je pense que c'est dans cette direction qu'il faut bosser pour cette course.

WJ : Comment t'es-tu préparé physiquement et mentalement en amont de ce Défi Wind ? As-tu suivi une routine d'entraînement spécifique pour affronter une telle épreuve ?
KG : Le point de la prépa’ physique, pour l'instant j'arrive pas à me dégager du temps pour en faire un peu. Donc je me limite aux navigations, j'essaye de naviguer assez fort à chaque fois que je sors, surtout en groupe avec des copains qui vont vite. Cela aide à pousser un petit peu et à s'entraîner, mais après chaque course ça se vérifie, si la vitesse est là, si je veux passer un cap, il faut que je me pense sur le sujet de la prépa physique, il faut que je dégage du temps pour ça, donc on va voir ça, je vais bosser là-dessus.
WJ : Quelles leçons tires-tu de cette expérience à Gruissan et quels conseils donnerais-tu aux autres amateurs qui rêvent de jouer comme toi dans la grande cour du Défi Wind ?
KG : La leçon que j'en tire, c'est que je prends beaucoup de plaisir sur ces parcours, ça me plaît toujours autant de pousser à fond là-dessus, la vitesse est là, le matos glisse comme je veux, un petit peu de conditions physiques supplémentaires et ça devrait continuer comme ça, on va essayer de faire ça. J'ai quelques courses en tête, j'aimerais retourner sur la One Hour Classic sur le lac de Garde en Italie, cette fois-ci c'est en gros matos, c'est une heure de course, donc il faut bosser ça. Des conseils pour progresser sur un défi ? Moi je pense que c'est surtout de naviguer à plusieurs, trouver des riders qui déboulent et ne pas accepter de se faire débouler, c'est le grand jeu qui fait progresser.
Source : Kevin Grosjean
Photos : Défi Wind Eyes/JM Cornu