Pourtant spécialiste du foil, Justine Lemeteyer défend avec brio son titre de vice-championne du monde en SUP X lors du Fuerteventura PWA Grand Slam la semaine dernière à Sotavento. Au micro de Windsurfjournal.com, elle revient sur cette épreuve difficile et disputée à la fois…
Windsurfjournal.com : Félicitations tout d’abord pour ton titre de vice-championne du monde ! Comment te sens-tu après une semaine aussi intense ?
Justine Lemeteyer : Merci ! Je suis bien fatiguée. C’était très dur physiquement sur l’eau et dès le deuxième jour, j’ai bien senti les courbatures arriver. Mentalement, je suis bien cuite aussi, j’ai enchaîné fort ces derniers mois et avec les enjeux sur cet évènement à Fuerteventura, ça n’a pas été de tout repos.

WJ : L'événement était extrêmement serré. Peux-tu nous parler de la stratégie que tu as adoptée pour rester dans la course jusqu'au dernier jour ?
JL : Ma priorité était toujours de faire au mieux avec ce que j’avais. Je me concentrais seulement sur moi-même sans me préoccuper de mes adversaires. J’ai mis la priorité sur les départs et essayer de rester debout sur la planche. J’ai vraiment pris la semaine course par course sans regarder les points. C’est très chouette d’avoir une tête de flotte aussi dense où tout est possible. Ça rend la course réellement passionnante.
WJ : Les conditions étaient particulièrement difficiles. Comment as-tu adapté ta technique pour faire face à ces défis ?
JL : J’ai mis du temps à adapter mon jibe aux conditions. Sur les deux premiers jours, je tombe beaucoup trop au jibe avec la planche qui rebondit dans tous les sens. Quand j’ai enfin accepté de freiner fort avant le jibe alors j’ai commencé à faire le tour des bouées proprement. C’est un spot vraiment unique, je suis arrivée quelques jours avant la compétition pour me régler et m’adapter mais les enjeux de la course rendent la navigation encore plus complexe.

WJ : Tu mentionnes sur tes réseaux sociaux avoir seulement navigué une fois avec ta planche Patrik avant l'événement. Quelles ont été les difficultés et réussites pour s'adapter à ton matériel ?
JL : J’ai reçu les planches environ un mois avant l’évent dans une période où je préparais les championnats du monde iQFOiL. Naviguer en aileron n’était donc pas ma priorité. J’ai profité d’un bon coup de vent en rade de Brest pour naviguer une fois sur la petite planche histoire d’avoir les straps réglés et c’est tout. Pour le reste, j’ai bossé les jours précédents l’événement surtout sur du réglage de gréement. Je me suis pas mal adaptée pendant la course dans les premiers jours. Après cela, on a eu la chance d’avoir Patrik Diethelm à nos côtés à Fuerteventura. On a fait quelques testings réglages en fin de journée la veille du dernier jour et le lendemain je gagne enfin une manche. Je suis curieuse de voir ce que cela peut donner l’année prochaine en connaissant mieux le matériel !
WJ : Le Slalom X est un format très exigeant avec peu de temps pour se préparer. Comment as-tu géré la pression tout au long de la compétition ?
JL : Je n’étais pas en très grande forme en arrivant sur l’événement. Je m’étais retirée des championnats du monde iQFOiL quelques jours auparavant, car j’étais dans un état de fatigue bien avancé. Donc je venais vraiment en doutant de ce que j’allais pouvoir offrir. Course après course, j'ai senti que j’étais dans le match avec le top 4 et cela m’a aidé à retrouver de l’énergie et de l’envie au fur et à mesure de la semaine. Le dernier jour, je savais que la bagarre pour le titre de vice-championne du monde allait être intense, mais j’ai continué à prendre course après course et cela a bien fonctionné. On a beaucoup travaillé avec Antho les deux dernières années sur la préparation mentale et cela a bien payé. Depuis le début de la saison, je me débrouille mieux dans la gestion mentale avec les outils que nous avons construits. J’ai plus de confiance qu’avant et ça aide dans les courses à enjeux.

WJ : Que retiens-tu de cette compétition en termes de performance personnelle et de progrès ?
JL : En termes de performance, je suis contente de défendre mon titre de vice-championne du monde de Slalom X et de ramener un nouveau trophée PWA à la maison. L’aileron est la discipline que je pratique le moins à l’entraînement donc venir se frotter à des spécialistes avec du nouveau matériel, c’était un bon challenge. À chaque compétition, on apprend beaucoup sur nous-mêmes et cette confiance que j’ai eu le dernier jour pour aller chercher ce titre, je sais qu’elle peut être importante sur la fin de la saison.
WJ : Après une compétition aussi intense, que fais-tu pour te détendre et recharger tes batteries avant la suite de la saison ?
JL : Cette compétition marque la fin du premier bloc de ma saison. J’ai passé 80% des six derniers mois en déplacement pour m’entraîner et régater. Je vais commencer par prendre deux semaines de vacances pour souffler un bon coup. Le programme, c’est de passer du temps en famille et avec les amis. J’ai fait un petit défi sportif en vélo début août et puis on a déjà calé la reprise avec le préparateur physique pour préparer la fin de saison.
Source : Justine Lemeteyer
Photos : Carter/Pwaworldtour.com