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Jean Le Gall, l’interview

15/07/2025

En parcourant dernièrement plus de 560 km en windsurf foil (cf notre article du 10 juillet 2025), le Français Jean Le Gall réalise une performance de taille… Remis de ses émotions, il revient avec Windsurfjournal.com sur ce challenge qui s’est déroulé à Gruissan dans le sud de la France…

 


Windsurfjournal.com : Pourrais-tu tout d'abord te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Jean Le Gall : Je m’appelle Jean Le Gall, j’ai 23 ans et je suis actuellement en dernière année d'études de kinésithérapie à Brest. Passionné par le windsurf depuis maintenant six ans, je me suis également lancé dans le windfoil il y a deux ans. Ce sport occupe une place importante dans ma vie, et c’est avec enthousiasme que je souhaite m’y investir davantage, notamment à travers la compétition et la recherche de nouveaux défis, comme celui que je viens de relever.

 

WJ : Comme t'es venu cette idée de record de distance sur 24h et pourquoi avoir choisi le spot de Gruissan ?
JLG : L’idée de ce record m’est venue en cherchant un défi inhabituel et ambitieux, qui me permettrait de gagner en visibilité et de trouver des sponsors pour continuer à progresser dans le windfoil. J’ai choisi Gruissan, car c’est l’un des meilleurs spots de glisse au monde : du vent fort, une mer plate et des locaux motivés pour m’accompagner dans ce projet.

 

WJ : Quelle préparation générale et physique as-tu eu pour préparer ce challenge ? Et combien de temps avant t'es-tu préparé pour être le jour J ?
JLG : La préparation a commencé par des échanges pour structurer le projet et le rendre réalisable. J’ai ensuite mis en place un entraînement alliant renforcement musculaire, course à pied et longues sessions sur l’eau. L’idée m’est venue pendant le Défi Wind 2025, après une session de 256 km en 7h. Je me suis dit : "Cet été, ce record, il est pour toi !".

 


WJ : Bien que tu sois parti sur 24h de navigation non-stop, tu as dû t’arrêter pendant la nuit... Peux-tu nous en parler ?
JLG : Peu après mon départ vers midi, un feu de forêt s’est déclenché pas très loin du spot. En voyant le panache de fumée s’intensifier, je me suis inquiété pour la nuit à venir. Vers 21h, la luminosité a fortement baissé, le vent est tombé, et la visibilité est devenue trop faible pour continuer en sécurité malgré la pleine lune. Comme je tenais à aller au bout des 24h, on a décidé de faire une pause pendant la nuit. J’en ai profité pour manger un peu et dormir quelques heures. J’ai repris la navigation à 5h30 du matin, et je suis allé jusqu’à midi pour boucler ce défi.

 

WJ : Quel moment a été le plus difficile durant ce challenge et, a contrario, quel est celui où tu as été le plus heureux ?
JLG : La première partie m’a mis directement dans le vif du sujet, car le vent a vite pris des tours et pendant plus de 3h je me suis retrouvé avec des rafales à plus de 40 nœuds. À l’inverse, l’un des plus beaux moments a été ce sentiment de liberté que j’ai pu avoir sur l’eau : "je faisais ce que je voulais". En 24h j’ai eu le temps de penser à plein de choses et j’ai pu me rendre compte de ce que j’étais en train de concrétiser. Je rajouterai également que l’équipe sur terre et sur mer m’a apporté un gros plus. À chaque bord, il y avait toujours quelqu’un pour me soutenir et m’encourager, le sourire aux lèvres et ça, c'est ce qu’il y a de plus motivant ! J’en garderai un souvenir incroyable, merci à vous tous.

 


WJ : Ton wishbone a terminé en trois parties, peux-tu nous dire ce qu'il s'est passé ?
JLG : Avec la nuit tombante, j’avais l’impression que les poissons se rapprochaient du bord. Plusieurs ont pu croiser le chemin de mon foil, mais il a suffi d’un plus gros pour me stopper net. J’étais lancé à plus de 30 nœuds de moyenne, accroché au harnais… et quand le foil a heurté ce poisson, ç'a été la catapulte ! Je me suis retrouvé projeté, avec un morceau de wishbone dans les mains… cassé en trois parties. Heureusement, l’équipe a pu m’en apporter un autre rapidement, ce qui m’a permis de repartir et de continuer le défi jusqu’au bout.

 

WJ : Quels enseignements tires-tu de cette expérience et que changerais-tu si c'était à refaire ?
JLG : Cette expérience m’a appris énormément, autant sur le plan sportif que personnel. J’ai découvert mes limites, mais aussi ma capacité à les repousser. La gestion de l’effort, l’organisation, l’importance de l’équipe… tout c'était essentiel. Si c’était à refaire, je préparerais encore mieux la navigation de nuit, avec un plan en cas d’imprévus comme la météo ou un obstacle en mer. Mais finalement, chaque difficulté a rendu ce défi encore plus marquant. Et c’est aussi ça, la beauté du projet ! Un grand MERCI à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce magnifique défi !

 

Source : Jean Le Gall
Photos : Rémi Kurz - Antoine Van Der Haegen

 

tags: Jean Le Gall Gruissan

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