Fanny Aubet, l\'interview

25/11/2011

La toute jeune fille qui, il y a 2 ans, faisait à peine ses armes sur le PWA World Tour a laissé la place en 2011 à une Fanny Aubet déterminée et sûre d’elle qui termine sa saison en beauté avec un récent titre de Championne de France en vagues… Parmi les grands espoirs du windsurf français et féminin, FRA-809 revient avec Windsurfjournal.com sur une saison faite de quelques bas mais beaucoup de hauts et avec la volonté de faire encore mieux en 2012 !

 

Windsurfjournal.com : 5ème mondiale en slalom, 7ème mondiale en vagues mais surtout Championne de France 2011 AFF/FFVoile dans la discipline des vagues, c'est une belle saison qui s'achève pour toi ?
Fanny Aubet : Cette saison a été plutôt longue, de février à octobre, mais c'est vrai, elle a été riche en résultats, connaissances et apprentissage. J'ai atteint les objectifs que je m'étais fixé même si je regrette quelques erreurs qui me coûtent un peu chères… Je suis très contente de ma progression en slalom sur le tour PWA, je me suis prouvé que je pouvais accrocher les podiums, qu'il ne manque pas grand-chose. En vagues, mon long séjour aux Canaries m'a beaucoup apporté, surtout en aisance dans le vent fort, en surf et je me sens beaucoup plus à l'aise en bâbord. Le niveau en vagues en PWA chez les filles est très haut et je suis tout de même contente de terminer 7ème. J'obtiens en prime mon titre de Championne de France en vagues et c'est parfait pour clôturer ma saison !!!

 

WJ : Malheureusement, suite à ta blessure quelques jours avant l'épreuve de Six-Fours, tu n'as pu te battre pour le titre national en slalom, que t'est-il arrivé exactement ?
FA : Je suis vraiment très déçue d'avoir raté ce titre en slalom, mon objectif était de gagner en vagues et en slalom pour prouver ma polyvalence. Malheureusement mon pied m’en a empêché… Un jour avant l’épreuve à Six-Fours, j'avais cours à la fac et nous faisions une sortie catamaran, en rentrant du trapèze, je donne un gros coup de pied dans le trampoline et j'entends un bon "crac". Le lendemain, c'était le premier jour de compétition et je n'arrivais pas à bouger mon pouce, mon kiné m'avait fait un strapping et j'étais obligée de marcher avec les béquilles. J'étais très déçue de ne pas pouvoir naviguer en slalom mais je n'avais pas envie de laisser passer 2 titres alors je me suis reposée et j'ai pris des anti-inflammatoires pour pouvoir faire l'épreuve de vagues lundi. J'ai pris sur moi mais ça s'est quand même bien passé !!! Dernièrement, le médecin m'a dit que j'avais légèrement fissuré le cartilage, ce qui rendait très douloureuse l'articulation du pouce, je ne navigue toujours pas mais je fais tout ce qu'il faut pour retourner sur l'eau au plus vite…

 

WJ : Concernant le circuit français, il y a eu des discussions animées lors de l'assemblée générale de l'AFF, y a-t ‘-il de ton côté des choses que tu aimerais voir évoluer, changer ?
FA : Oui c'est vrai que beaucoup de points ont été soulevés durant ces assemblées, des points positifs et négatifs. Pour ma part, j'ai voulu entrer dans le bureau pour aider le circuit à avancer et pour représenter l'esprit féminin qui n'est pas beaucoup écouté et je pense qu'avec Mathieu Bonno et les autres membres du bureau les choses vont avancer. Il faut "redonner de la gueule" au circuit avec des efforts à faire du côté des coureurs mais aussi que l'organisation soit au top et la création d'un mémento slalom et vagues donnera de la rigueur aux disciplines. Pour l'image des filles, je trouve qu'il y a de bonnes batailles en slalom, le niveau ne fait que monter. En revanche en vagues, il n'y a pas assez d'inscrites, ça nous pousserait si plus de waverideuses participeraient au circuit.

 

WJ : Cette année 2011 était ta première année complète sur le PWA World Tour, qu'as-tu appris au fil des étapes, en slalom comme en vagues ?
FA : En slalom, l'expérience de la course est primordiale et plus on en fait, plus on apprend. J'ai fait de très bonnes manches comme j'ai pu en faire de très mauvaises. Chaque erreur nous fait grandir !!! En général, je pense avoir progressé au fil des étapes, 8 puis 5 puis 4 puis 6. La plupart de mes erreurs concernent le stress et tout se joue dans la tête. En vagues, c'est très différent, pour être bon, il faut naviguer beaucoup et partout, et Pozo comme Sylt ou encore Tenerife m'ont permis de beaucoup apprendre car ce sont des spots assez difficiles. Ce qui me pousse en vagues c'est de tomber contre Daida ou Iballa Moreno, Nayra Alonso ou encore Karin Jaggi, je n'ai aucune chance alors ça m'est égal, je tente tout et essaye de naviguer du mieux que je peux. Je gère de mieux en mieux mes heats et j’essaye d'améliorer mon style au surf…

 

WJ : Lorsque, comme toi, quand on a 21 ans, que l'on est une fille et que l'on commence à se faire un nom sur le circuit mondial, comment "mener sa barque", pour séduire les partenaires, aller de l'avant, s'entraîner et continuer à poursuivre son rêve de faire de la compétition au plus haut niveau ?
FA : En fait pour tout dire, le déclic s'est fait en milieu d'année lorsque j'ai gagné ma première manche de coupe du monde, je me suis dit "tu peux le faire, tu vas le faire". Je suis soutenue par pas mal de monde, ma famille m'apporte énormément mais aussi mes sponsors, NeilPryde et JP Australia qui me soutiennent depuis maintenant 4 ans ainsi qu'Oxbow et ma région Provence Alpes Côte d'Azur. Ce sont eux qui m'aident à réaliser ces performances et c'est aussi un peu pour eux que je veux être au top. Ce n'est pas toujours facile, j'aimerai partir tout le temps pour rider les vagues mais je dois garder du temps pour mes études, une fac de sport avant de rentrer en école de kiné, garder de l'argent pour les compètes … Mais c'est ce que j'ai choisi et je ne regrette rien !!!

 

WJ : Tu repars pour 2012 on l'imagine, quels sont tes ambitions et tes projets pour la saison prochaine ?
FA : Oui, je signe à nouveau pour 2012 et je vais mettre toutes les chances de mon côté pour réussir cette prochaine saison. Je participerai au tour PWA et je vise de rentrer dans le top 4 en slalom, pour les vagues, je vise le top 6. Mon second objectif se joue sur le Classiques Tour Funboard avec l’ambition de remporter le championnat de France en slalom et en vagues. Rendez-vous l'année prochaine au taquet !!!

 

Photos : PWA/John Carter - AFF/Eric Bellande

tags: interview Fanny Aubet

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