Pour la 2ème année consécutive, Anne Gondolf participait au clinic organisé par Marion Mortefon quelques jours avant le Défi Wind. Belle rencontre et véritable girl power que nous avons eu la chance de rencontrer sur place, elle se livre au micro de Windsurfjournal.com sur sa participation à cet événement et sa passion pour le windsurf…
Windsurfjournal.com : Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas, pourrais-tu tout d'abord te présenter et nous dire comment tu as découvert le windsurf ?
Anne Gondolf : Je m'appelle Anne, j'ai 30 ans. J'ai commencé la voile petite par l'optimiste, et j'ai découvert la planche à voile à 17 ans. Je passais mon monitorat de voile et je voulais passer ce support. J'ai navigué toute l'année, j'ai découvert le planning et je n'ai plus jamais arrêté la planche !

WJ : C'est le 2ème clinic de Marion Mortefon auquel tu participais juste avant le Défi Wind, qu'attendais-tu de ce type d'événement à chaque fois ?
AG : Oui, 2ème participation au Défi sans vent, et 2ème participation au clinic de Marion. L'année dernière, je m'étais inscrite avec Marion pour me préparer et évaluer ma capacité ou non à la compète du Défi. Je me sous-estimais beaucoup et je ne pensais pas avoir les capacités pour le réaliser. Je voulais aussi naviguer avec des filles afin de me sentir en confiance. Je suis entourée d'hommes et c'est vrai que ça me fait toujours plaisir le girl power. Je trouve que je m'exprime mieux, je prends plus confiance en moi, je trouve l'atmosphère hyper bienveillante et beaucoup d'entraides. L'approche aussi est différente, en groupe de filles, on est toujours plus chill et plus bavardes. Dans cette deuxième participation, je voulais du pratico-pratique. Gagner en vitesse, en tactique, améliorer purement ma technique en solo et aborder la tactique en compète. Évidemment, je voulais encore rencontrer plus de filles.

WJ : Comment s'est déroulé ce clinic édition 2025, quelle était l'ambiance et quels enseignements en tires-tu ?
AG : Ce clinic s'est hyper bien passé. Marion est toujours aussi accueillante. Elle a une facilité à mettre en confiance les filles. Celle-ci, j'ai beaucoup apprécié parce que toutes les filles étaient des adultes, donc forcément plus de lien. Le niveau était aussi plus élevé pour une bonne partie du groupe, de ce fait les navigations étaient bien rythmées ! Et puis il y avait des filles d'ailleurs, alors là moi je fonds ! Quand je rencontre des personnes qui naviguent sur d'autres plans d'eau, je crée du lien et j'ai hâte d'aller les visiter ! J'ai appris pas mal sur le jibe surtout, à améliorer ma relance, éternel sujet, et je cherche encore à pousser ma Tabou plus vite.
WJ : Mais malheureusement pour toi (et pour la 2ème fois !), toujours pas de Défi Wind "en vrai", faute de vent... La frustration n'est-elle pas trop grande ?
AG : Alors si !!! L'année dernière pas du tout, c'était un soulagement de ne pas courir ! Les trois3 jours de clinic plus la manche pirate, j'étais rincée !!! Mais littéralement épuisée. Je me suis rendu compte que je n'étais pas prête physiquement. Le mental aussi avait dû jouer, j'étais vraiment fatiguée ! Ne pas naviguer m'avait permis de me reposer et de découvrir le site tranquillement. Par contre, cette année, j'y suis allée avec l'envie de courir et de performer, avec plus d'entraînement physique et d'endurance, donc si, grande frustration !
WJ : Ton compagnon dans la vie n'est autre qu'Alex Ducouloux, un slalomer bien connu à Hyères… Comment se gère la vie de couple et de passionnés de windsurf à la fois ?
AG : C'est tout bénef’ !! Les vacances s'organisent très souvent autour de la planche, les rendez-vous sont faciles à annuler s'il y a du vent. Je pense que pour tout passioné.e de voile, c'est agréable d'être compris.e quand le vent est une priorité. On navigue quasiment systématiquement ensemble, mais j'apprécie performer avec les filles. Alex me pousse beaucoup à progresser, il est compétiteur dans l'âme, pas moi. On n'a pas le même regard et la même manière de gérer la pression. Moi, je boude quand j'échoue, Alex, il persévère ! Mais j'ai du mal à accepter ses conseils quand on navigue, alors que ceux venant des filles passent bien mieux ! Même si c'est par égo, il y a quand même une part de vérité, les filles naviguent différemment que les garçons et des tout petits conseils féminins sont parfois d'une aide incommensurable.

WJ : Quel regard portes-tu sur le windsurf "au féminin" sur le plan international comme sur les autres femmes que tu peux croiser sur les spots ?
AG : Le windsurf au féminin, c'est le même pour moi, je ne fais pas de différence. Mais je respecte encore plus les femmes ! Peut-être est-ce une différence du coup ? Je suis littéralement admirative de Justine Lemeteyer et Marion Mortefon ou Sarah-Quita Offringa, encore plus que des hommes, probablement parce que je m'identifie à elles. J'ai un regard hyper bienveillant évidemment ! Je suis girl power dans l'âme. Déjà, je hurle sur l'eau quand je croise une fille, en kite, en wing ou en planche. À terre aussi, je vais systématiquement dire bonjour à une fille, et si possible, je cherche à enclencher la conversation. Si je peux proposer mon aide pour favoriser la planche/wing/kite, je le fais. C'est comme ça que j'ai progressé, et c'est comme ça que je me suis sentie à l'aise quand je débarquais sur des spots, donc je fonce.
WJ : Que dirais-tu aux autres femmes pour les convaincre de se mettre au windsurf ?
AG : Que c'est une ambiance merveilleuse, que ça développe une niaque d'enfer et une mentalité vraiment costaude. Que c'est beaucoup plus facile et moins hostile que ça en a l'air. Et que l'accueil sur tous les spots est toujours hyper bienveillant.
Source : Anne Gondolf
Photos : @amea_swell - @maloudasilva