7 questions à Didier Flamme

17/05/2024

Visage connu de toutes et tous sur les différents championnats de France ces 3 dernières décennies et (surtout !) artisan de la structuration du sport dans l’hexagone, Didier Flamme a tiré sa révérence… Après 35 ans de bons et loyaux services, il vient en effet de prendre sa retraite le 1er mai dernier. En 7 questions, il revient avec Windsurfjournal.com sur son parcours, l’évolution du windsurf dans l’hexagone et ses initiatives au sein de la FFVoile…

 


Windsurfjournal.com : Peux-tu tout d’abord nous retracer ton parcours à la FFVoile ?
Didier Flamme : Je suis arrivé en 1988 à la Fédération. J’ai été nommé par le DTN (ndlr : Directeur Technique National) sur un poste de conseiller technique régional (CTR) et à l’époque, la région était le Dauphiné-Savoie ! Cela couvrait l’Ardèche, l’Isère, la Drôme, la Savoie et la Haute-Savoie. 8 ans après, il y a eu un nouveau DTN, j’avais une finalité très marquée windsurf et il m’a demandé de rejoindre la direction technique à Paris pour m’occuper de ce support et de sa structuration. Depuis, les missions ont évolué, j’ai eu d’autres dossiers que j’ai appréciés et j’ai donc pris ma retraite le 1er mai, ce n’est pas une boutade ! Tout ça donc après 35 ans au sein de la FFVoile.

 

WJ : Comment as-tu vu évoluer le windsurf et ses différentes disciplines en plus de 30 ans ?
DF : Quand je suis arrivé à l’époque, le windsurf, c’était la planche à dérive, le funboard commençait à peine à se structurer. Nous étions une activité assez tribale au sein de la FFVoile qui était plutôt une fédération de voile et de yachting. À mon sens, cela a bien évolué depuis. J’ai pu travailler sur le windsurf et la structuration de ses disciplines. Certes cela n’a pas été assez rapide pour certains mais nous y sommes quand même arrivés avec une bonne structuration et une belle transversalité sur l’eau. La preuve avec Nicolas Goyard qui arrive du funboard.



WJ : Il y a quelqu’un qui semble avoir beaucoup compté pour toi durant ces années, Antoine Albeau, le porte-drapeau de l’Équipe de France de funboard…
DF : Tout à fait ! Antoine Albeau, c’est d’abord une belle personne en termes de relationnel. Nous avons eu la chance qu’il soit le Marin de l’Année en 2010, à une époque où il y avait un peu des tensions sur la discipline funboard… Le président de l’époque, Jean-Pierre Champion m’a dit : "Didier, on y va, on crée l’Équipe de France !". C'était le gros vecteur facilitant pour Antoine et il y a eu ensuite l’ensemble de sa carrière et tous ses titres. En interne, au sein de la fédé, cela rendait les choses plus faciles en ayant un leader !

 

WJ : Il y a l’aspect sportif et compétition, mais pour beaucoup de pratiquants, qui souvent ne sont pas licenciés, le windsurf est d’abord un loisir…
DF : Avec les différentes commissions techniques qui se sont succédées pendant ma carrière, nous avons essayé de palier aux 3 grands vecteurs, le loisir avec le développement de la pratique pour tous, la pratique sportive des plus jeunes aux plus âgés et l’accessibilité au haut niveau. La structuration actuelle, c’est le fruit de toutes ces années et je pense que cela répond aux attentes des uns et des autres. Après, en tant que fédération sportive, nous aimerions bien que tout le monde soit licencié à la fédération…

 

WJ : Tu as suivi l’évolution du sport ces 30 dernières années, quel regard portes-tu sur un sport qui se caractérise par de nombreuses disciplines ?
DF : La force que nous avons eue, c’est de ne pas faire un copier-coller avec les disciplines de haut niveau. Que ce soit côté PWA comme windsurf olympique, nous avons essayé d’accompagner les athlètes avec les spécificités de chaque pratique. Le constat que j’ai fait sur le support archimédien en dérive, lorsque nous avons voulu faire un copier-coller avec la RS:X, nous nous sommes brûlés les mains. Avec la structuration du windfoil, nous sommes allés vers une autre voie en iQFOil. Et nous avons bien fait quand on va aujourd’hui les orientations du PWA World Tour à l’heure actuelle avec le mixte aileron/foil pendant 2 ans. Il faut voir que cela a posé de gros problèmes sur des projets sportifs de coureurs. On va croiser les doigts pour que la PWA ne change pas d’objectifs et de stratégie. Mais là, on a de quoi faire entre les différentes disciplines, que ce soit l’aileron, le foil, la planche à dérive qui redémarre. Nous devrions répondre aux attentes de tous les pratiquants.



WJ : Concernant la planche à dérive justement, la classe Techno 293 OD a été très forte jusqu’à l’arrivée du foil qui est venu brouiller les cartes. Comment conserver la passerelle entre les disciplines ?
DF : Pendant 2 ans, avec l’arrivée du foil, j’ai eu très très peur que la planche à dérive se casse totalement la figure. Il faut quand même savoir que le foil, on ne peut pas en faire partout en France. À la fédé, j’ai rapidement alerté en disant que nous allions avoir des déserts de planche à voile partout sur le territoire. Il y a le discours aussi de certains entraîneurs qui abandonnaient la planche à dérive pour le foil… À côté de nous, il y a des pays comme l’Espagne, l’Italie, la Pologne et Israël qui ont dit d’emblée : "On garde la planche à dérive pour les jeunes". Ils ont conservé une pépinière de jeunes. Avec le DTN, nous nous sommes alarmés et la directive de la DT désormais est de dire qu’il faut le socle de formation sur la planche à dérive. Ça redémarre et la chance que nous avons pour l’avenir, c’est que les missions que j’avais sur la planche à dérive, c’est Pierrick Wattez qui va les reprendre. Il est CTR sur la Bretagne. Il a une expérience très généraliste sur le windsurf, c’est un ancien coureur en funboard qui est très axé sur la formation des jeunes…


WJ : As-tu une image ou un moment sportif qui te reste après 35 ans de carrière ?
DF : C’est plutôt un dossier, un projet qui m’a fait le plus plaisir, c’est la création de l’Équipe de France de funboard. Des images, il y a la médaille d’or de Faustine Merret le jour de mon anniversaire, celle de Charline Picon à Rio, elle qui arrivait de la filière 293. Aujourd’hui, je suis touché par la sélection olympique de Nicolas Goyard qui arrive d’une filière funboard et celle d’Hélène Noesmoen avec son très beau parcours et son numéro 57, c’est mon année de naissance ! Ce qui me reste surtout, c’est le relationnel et tous les moments passés avec de belles personnes, ç'a été un vrai plaisir !

 

Source : Didier Flamme
Photos : Eric Bellande/FFVoile - FFVoile/Nicolas Raffi

tags: Didier Flamme FFVoile

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