Publicité:

3 questions à Pierre Mortefon

30/06/2022

5ème de la 20ème édition du Défi Wind cette année, une compétition qu’il a remportée par 2 fois déjà en 2010 et 2105, Pierre Mortefon est logiquement déçu de sa prestation. Avant de participer à la fin de cette semaine à l’épreuve PWA en slalom à Bol en Croatie, il revient avec Windsurfjournal.com sur cette épreuve à Gruissan ainsi que sur les nouvelles règles de course qui entreront en vigueur sur le PWA World Tour à partir de 2024.

 


Windsurfjournal.com : 5ème de cette 20ème édition du Défi Wind, on imagine que c'est plutôt une déception pour toi qui a remporté cette épreuve à 2 reprises ?
Pierre Mortefon : Oui, je ne vais pas tourner autour du pot, je venais pour un meilleur résultat, au moins une place sur le podium, mais je reste néanmoins content de ma semaine pour plusieurs raisons. Cela fait du bien de se retrouver sur un gros évènement avec une grosse orga et du monde ! Je suis sorti fatigué de la semaine complète, car même s’il n’y avait que 4 jours de course, il y a eu du vent et du monde sur la semaine complète. Tout ça, c’est bien sûr à cause de la navigation (quasi 600 km sur la semaine) mais aussi avec l’interaction avec tous les gens que j’ai pu rencontrer et avec qui j’ai pu discuter durant l’événement. Tout le monde était content de se retrouver, d’échanger et d’être là pour faire de la planche. C’était vraiment cool de voir cette ferveur autour du sport. L’orga était vraiment bien et le nouveau design du village facilitait justement les échanges, et comme d’habitude, la machine a roulé. Après niveau résultat, j’ai fait 2 petites erreurs durant l’événement sur du choix de matos, mais ce n’était pas évident, c’est ma faute et ce n’est pas facile de s’élancer pour 40 km quand tu sais que tu n'as pas forcément fait le bon choix. Le Défi, c’est spécial, même si tu as tout le matos de prêt, c’est compliqué de revenir au bord. Finalement, à l’approche du départ, le vent ne fait que baisser dans la zone de lancement avec l’arrivée de la masse. Après devant le niveau était très haut aussi, il y avait tout le gratin et les batailles ont été bien costauds sur chaque manche.



WJ : Comment as-tu géré les 5 courses et surtout le choix entre le foil et l'aileron avant chaque départ ?
PM : Les deux premiers jours, c’était assez simple pour moi, aileron direct sans vraiment avoir à se poser de question. Pour moi, j’étais, dans ces conditions, plus rapide en aileron, c’était clair. Après, c’est le samedi que les choses ont changé, je suis parti en aileron sur la manche du matin, j’étais 30 min avant sur l'eau, calé vraiment bien et le vent a chuté 10 min avant le départ, j’aurais dû changer, j’ai hésité et je n’avais finalement pas le temps… Ç'a été une manche très dure et physiquement super exigeante, étant sous-toilé, j’aurais dû y aller en foil, c’est clair. Du coup, le choix était tout fait pour la dernière manche et je suis alors allé en foil avec une belle manche de 4. J’aurais sûrement dû plus me faire confiance le matin, car je sais quand même voler ! Bref pour revenir sur le choix de matos, le foil a encore franchi un cap. Ça va plus loin qu’avant, c’est clair, mais je pense que le phénomène est accentué par le Défi en lui-même. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas été 1300 sur l’eau et, en fait, en aileron, tu as le champ libre sur le premier bord et ensuite tu évolues dans une marmite. Bien sûr, c’est gênant en foil aussi, instable dans la voile, il faut faire encore plus attention lors des croisements, mais ta planche vole au-dessus du champ de mine. Le départ, il n’y a pas photo, les foils partent direct plus vite et plus fort et aux bouées, c’est pareil avec la bouée de dégagement ou le bateau a tourné avec des jibes super larges. Physiquement, ça n’a aussi rien à voir, sur la dernière manche je pouvais faire 2 tours de plus sans problème, après, c'est la tête qui chauffe, car cela demande quand même de la concentration ! Bref à l’avenir on va faire plus de manches en foil encore, mais bon il ne faut pas oublier que 90 % de la flotte était sur l’aileron, il a donc toujours sa place !!!



WJ : Le PWA World Tour a annoncé dernièrement les nouvelles règles de courses en slalom dès 2024 avec un quiver qui va passer à 4 voiles et 2 planches... Qu'est-ce que cela t'inspire et comment vas-tu t'y préparer ?
PM : Cela rejoint ce que je disais précédemment, le foil va continuer à grossir ! Après, cette limitation va peut-être, et sûrement, amener à une nouvelle séparation des deux supports. Il y a bien sûr la performance et le support qui va aller le plus vite sur tel et tel format, mais il y a aussi tout simplement ce que les gens veulent faire, que ça soit en pratique loisir, mais aussi professionnelle ! Bien sûr, on veut tous aller le plus vite possible, mais il y a des choses et des actions que l’on ne peut pas faire en foil que l’on peut faire en aileron et vice-versa. Pour la coupe du monde, ce qui m’importe le plus aujourd’hui, c’est d’avoir un maximum d’évènements, car c’est le plus important ! Cela booste le marché quel que soit le support, cela booste la motivation des gens à aller sur l’eau, et ce, peu importe l’âge et la pratique. Je pense que les gens veulent voir des batailles comme on en a eu en 2019 et les années avant et nous les coureurs, on veut faire des batailles !

 

Pour en savoir plus sur Pierre Mortefon : www.pierre-mortefon.com

 

Source : Pierre Mortefon
Photos : Jean-Marc Cornu/Defiwind.com - Jean Souville/Defiwind.com

tags: Pierre Mortefon Défi Wind

Articles similaires

3 questions à Pierre Mortefon

7ème mondial en slalom cette année après avoir été sur le...

Derniers bords à Leucate en attendant 2023

Une courte fenêtre météo mardi à Leucate permet de clôturer la...

Une journée sportive à Leucate

À la faveur de conditions ventées lundi à Leucate sur la dernière...
comments powered by Disqus
Gestion de vos données sur le site Windsurfjournal
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies ou autres traceurs pour vous proposer par exemple, des publicités ciblées adaptées à vos centres d’intérêts ou encore réaliser des statistiques de visites.
En savoir plus fermer