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3 questions à Nicolas Goyard

26/08/2021

Aux avant-postes du foil depuis son titre mondial acquis sur le PWA World Tour fin 2019, le français Nicolas Goyard s’impose incontestablement comme le patron de cette discipline encore récente en remportant dernièrement les iQFOil World Championships à Silvaplana en Suisse. Au micro de Windsurfjournal.com, il revient sur cette épreuve riche en émotions avec un superbe (et mérité !) titre mondial à la clé !

 


Windsurfjournal.com : Quelles différences as-tu trouvé entre ces iQFOil World Championships et ceux de l'an dernier ?
Nicolas Goya : On n'avait pas encore eu à proprement de championnat du monde l'an dernier (cause Covid) mais on peut comparer ça au championnat d'Europe et aux International Games sur le lac de Garde ! Et c'est très clair que le niveau est juste monté de ouf ! A la fois le niveau du top 30 mais aussi de l'ensemble de la flotte. D'ailleurs flotte qui a énormément grossi en un an, notamment avec tous les asiatiques qui ont pu se joindre à nous ! Ça régate propre, très propre et chaque erreur fait bien plus mal qu'auparavant, ce qui montre bien l'augmentation du niveau global.



WJ : La medal race à élimination directe reste un sujet controversé qui ne reflète pas toujours la régularité de la semaine, que penses-tu de ce format ?
NC : Je pense que mon post pré-medal race sur les réseaux sociaux représente très bien ce que j'en pense : un manque de respect vis-à-vis des athlètes. Ce qui est bien, c'est que contrairement à l'an dernier où ce format avait encore quelques défendeurs, maintenant presque tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut arrêter ça au plus vite, du moins pour les évènements décernant des titres officiels. Pour des compétitions à but médiatique, c'est très bien. Mais quand on s'entraine toute une année pour une échéance donnée et que le passage de 5 à 12 se fait sur une seule manche de 4 minutes et décide d'entrées en Equipe de France, ça fout sacrément les boules. La voile reste de la voile avec ses aléas imprévisibles. Un champion n'est pas forcément celui qui va aller chercher le bon coup à un instant T, mais celui qui en moyenne va faire les meilleurs choix à l'échelle de la semaine dans des conditions de vent et de mer différentes. 

 


WJ : Tu t’étais déjà imposé l’an dernier à Silvaplana, que ressens-tu après ce titre mondial ?
NC : Ce que je peux dire c'est que le niveau de tension et de stress émotionnel engendré par la finale a été une des épreuves mentales la plus dure à gérer de ma carrière ! Je ne peux que remercier toutes les personnes qui m'ont aidé et accompagné pendant les temps de préparation et de compétition autant les coachs que le reste des coureurs français qui ont montré un esprit d'équipe de dingue ! Mais aussi, mes amis, mes parents, mon frère... Chaque personne a son rôle à jouer et c'est un grand puzzle à mettre en place avec des pièces plus ou moins dure à placer. Le boulot global à fournir apporte beaucoup d'enrichissement personnel et de compréhension sur soi-même. Être champion du monde, n'est pas un objectif en soi, ça n'est qu'une confirmation que le travail a été bien fait, que la personne que l'on est aujourd'hui est meilleure que la personne que l'on était hier. Mais à aucun moment, je ne priorise la victoire d'une étape à mon épanouissement personnel et je considère que l'épanouissement personnel passe avant tout par le partage, par la transmission de son savoir, par l'échange. Je préfère 100 fois finir plus bas dans le classement mais savoir que j'ai réussi à rendre notre sport meilleur pour le plus grand nombre que de garder chaque petit secret pour moi. Un sourire mutuellement heureux est une victoire bien plus qu'une médaille ou un titre. Il existera toujours des personnes plus compétitrices que d'autres, des personnes plus talentueuses que d'autres sur certains aspects. La vie est déjà assez compétitive en elle-même pour que l'on puisse au moins partager le plus possible sa passion au plus grand nombre et aussi au plus haut niveau.  Pour citer un grand marin et pour finir cette interview, je dirais : "La voile est un sport individuel où l'on s'entraine en équipe" et je pense qu’il en est de même pour chaque chose de la vie. Partagez, échangez, faites-vous progresser et vous irez tous plus loin et avec encore plus de bonheur en retour. 

 

Pour en savoir plus sur Nicolas Goyard : www.facebook.com/nicolasgoyardwindsurfing

 

Source : Nicolas Goyard
Photos : Sailing Energy

tags: Nicolas Goyard iQFOil World Championships Silvaplana

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