3 questions à Maleen Hoekstra

13/01/2021

Haut-lieu du windsurf à cette période de l’année, c’est une situation insolite que vit actuellement l’Afrique du Sud avec une 2ème vague du virus, en raison notamment du variant sud-africain, et un confinement qui s’est passablement renforcé depuis quelques jours. Figure locale et personnage bien connu des windsurfers de Cape Town, elle qui immortalise leurs sessions en photos, Maleen Hoekstra nous fait un état des lieux de la situation sur place où, comme ailleurs dans le monde, les décisions des responsables politiques laissent parfois perplexes…

 


Windsurfjournal.com : Quelle est la situation actuellement en Afrique du Sud concernant la pandémie mais aussi au niveau des restrictions ?
Maleen Hoekstra : L'Afrique du Sud connaît actuellement une 2ème vague du virus, comme de nombreux autres pays dans le monde. Le virus a également muté en une nouvelle souche qui semble être plus contagieuse, mais pas plus mortelle, que la souche originale. L'Afrique du Sud a une population d'environ 60 millions de personnes et, à ce jour, environ 31 000 personnes sont mortes du virus. Il semble que notre population ait une certaine résistance naturelle au virus car l'impact sur la santé semble être bien moindre que ce qui avait été prévu à l'origine. Mon opinion est que l'impact économique des mesures de confinement imposées par notre gouvernement a causé beaucoup plus de dommages aux vies que le virus lui-même. L'Afrique du Sud est actuellement soumise à une réglementation de confinement de niveau 3. Certaines zones présentant des taux élevés d'infection par des virus positifs sont classées comme des "points chauds" où des réglementations supplémentaires s'appliquent. En vertu de ces réglementations, entre autres, la vente d'alcool est interdite, le couvre-feu est de 21 heures à 6 heures, les rassemblements de personnes en grand nombre sont interdits, le port du masque est obligatoire et les plages sont fermées au public. Bien que les plages soient fermées, l'océan ne l'est pas et les petites embarcations et les voiliers sont autorisés, et les pêcheurs ne peuvent accéder à la plage que s'ils ont un permis de pêche. Malheureusement, notre ministre de la police semble avoir un gros problème avec les surfers, et plutôt que de se concentrer sur la criminalité, il s'est attaché à empêcher les surfers d'aller dans l'océan.

 


WJ : Malgré les interdictions, les gens vont-ils toujours à l’eau ?
MH : Avec notre vaste littoral, empêcher les windsurfers, les kitesurfers et les surfers d'aller dans l'océan, lorsque les conditions sont bonnes, n'est pas une tâche facile. Une fois sur l'eau, aucun crime n'est commis, il est seulement interdit de traverser le sable. Étrange, mais c'est le règlement. C'est pourquoi les windsurfers, les kitesurfers et les surfers ont inventé toutes sortes de moyens ingénieux pour accéder à l'océan. Étant très mobile sur l'eau, il est assez facile de se mettre à l'eau à un endroit et de se baigner à un autre. Il faut garer les voitures à différents points d'accès pour pouvoir s’échapper rapidement, cacher son équipement dans la végétation côtière et ne pas être vu par la police. L’autre option c’est d’entrer dans l'eau en masse, comme 50 kiters l’ont fait en même temps dernièrement, ce qui était impossible à contrôler. D'après ce que je comprends du règlement, une amende maximale de 2000 Rands (ndlr : environ 105 €) peut être infligée en cas de d’infraction. Dans le pire des cas, on vous emmène au poste de police le plus proche, dans un fourgon de police, où l'amende est infligée. Si l'amende n'est pas payée (à une date précise), il faut alors se présenter devant le magistrat au tribunal un autre jour précis. La police est également autorisée à donner des avertissements et à demander aux gens de quitter immédiatement la plage. Dans la plupart des cas, les gens n'ont été avertis que par la police et les amendes n'ont pas été trop nombreuses. Le mieux est de ne pas se disputer avec les agents de la force publique, de se conformer à leurs instructions et de se rendre simplement à la prochaine place de parking et de recommencer.

 


WJ : Sur les réseaux sociaux, nous avons pu voir des scènes surréalistes comme des policiers poursuivants des surfers ou encore un kitesurfer arrêté… Qu’en est-il de la situation exactement et que risquent les gens s’ils contournent la loi ?
MH : Le week-end, de nombreux policiers en congé sont employés pour patrouiller sur les plages. Cela leur permet de faire des heures supplémentaires et de faire un peu d'exercice tout en poursuivant les pratiquants sur les plages. Pas sûr que cela permette de vraiment combattre le virus. Avec un vent de 30 nœuds et le beau soleil du Cap, je doute que le virus ait une chance de survivre de toute façon ! Et puis il y a en effet tellement d'histoires hilarantes et d'expériences vécues pendant cette période étrange !!! Il y a eu ce véhicule de police coincé dans le sable, avec la marée montante, alors qu'il essayait d’interpeller 2 kitesurfers sur une plage privée. Ce véhicule contenait 9 officiers pour attraper 2 gars. En général, tout s'est passé dans un bon esprit, la police admettant même que ce n'est pas un très bon règlement que nous avons actuellement…

 

Pour en savoir plus sur Maleen Hoekstra : www.facebook.com/Maleenh-Photography-454735634726010

 

Source : Maleen Hoekstra
Photos : Maleenh Photography



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tags: Maleen Hoekstra Cape Town Afrique du Sud

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