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3 questions à Justin Denel

28/12/2016

En écho à sa vidéo "Still in The Game" sortie hier mardi, nous avons voulu en savoir un peu plus l’étonnant parcours de Justin Denel, tout à la fois waverider semi-professionnel, réalisateur de vidéos et étudiant à Sciences Po Lille. Interview…

 

Windsurfjournal.com : Quand certains ont fait le choix de ne se consacrer qu'au windsurf, tu as pris le parti de vivre toutes tes passions à fond, pour quelles raisons ?
Justin Denel : En fait, cela ne s’est pas imposé tout de suite comme un choix. Ce sont plusieurs décisions individuelles (continuer le sport de haut niveau, monter ma boite de prod’, entrer à Sciences Po…) qui se sont ensuite concrétisées naturellement en un mode de vie… Au final, cela me permet de ne pas rester dans une bulle. Il y avait bien entendu la peur que cette bulle "fragile" en windsurf, explose un jour bien sûr mais je pense également qu’en vivant la vie "rêvée" du windsurfer, c’est peut-être justement là que l’on rate l’essentiel des expériences que la vie nous offre. J’ai en fait pris une bonne claque quand je me suis retrouvé pour la première fois dans l’amphi à Sciences Po en ne connaissant personne mais aussi également quand je suis arrivé en Colombie. Mais ces claques m’ont fait du bien, elles ont construit ce que je suis maintenant et m’ont renforcé dans ma volonté de continuer à haut niveau toutes ces passions. Je me suis rendu compte durant ces 4 derniers mois en Colombie et en Amérique du Sud d’une manière plus générale, que si j’avais déjà voyagé dans de nombreux endroits au préalable, je n’avais en fait jamais vraiment découvert véritablement un seul de ces pays. C’est le sens de la dernière phrase de la vidéo.

 

WJ : Un waverider inscrit à Sciences Po Lille, voilà qui n'est pas courant, comme y es-tu perçu et comment le windsurf l'est-il également ?
JD : C’est vrai que ce n’est pas courant, en revanche, il y a beaucoup de sportifs de tous niveaux. Globalement le sport y est très bien perçu, et le fait de pratiquer un sport "exotique" amplifie encore cette attraction. Cependant, il est parfois compliqué de faire comprendre que ce n’est pas un sport où l’on a de réels jours et horaires d’entrainements, que l’on peut ne rien faire pendant 2 mois et aller à l’eau tous les jours pendant une semaine, qu’il faut une université près d’un spot pour la 3ème année à l’étranger, etc… Mais de manière générale, j’ai toujours eu affaire à des responsables administratifs très compréhensifs qui m’ont donné les moyens de réaliser mes projets, même si je suis aussi tombé sur des rares "à un moment il faudra choisir entre votre carrière sportive et votre parcours universitaire". La perception du windsurf est à l’image de celle de la société civile : c’est un sport peu connu. Cependant j’ai eu quelques publications sur la page Facebook de l’établissement lors de l’indoor à Paris ou de la PWA à La Torche et c’est très important de faire connaître notre sport hors de notre milieu. C’est aussi pour ça que je n’ai pas de page "fan", car je cherche autant à faire découvrir le windsurf à ceux qui y sont étrangers qu’à intéresser les passionnés.

 

WJ : N'as-tu pas le sentiment parfois de sacrifier un univers pour un autre ou fais-tu en sorte de garder un bon équilibre ?
JD : Pas le moins du monde. Et c’est même le contraire. Non seulement je ne serais jamais entré à Sciences Po et créé ma boite de prod’ sans le windsurf, mais en plus il y a une rétro-alimentation de mes trois activités. Premièrement, il est évident que les compétences que j’ai acquises dans la production audiovisuelle m’aident énormément à communiquer pour la planche. C’est également un appui financier important car le windsurf reste pour l’instant un coût plus qu’un revenu. Ensuite, la maturité, le recul, les expériences et les connaissances transmises par Sciences Po sont évidemment d’une aide considérable dans ma vie quotidienne, professionnelle et sportive. Pour parler dans un langage "sciences pipo" : la question est un peu mercantiliste, comme si faire plus de l’un entrainait obligatoirement un sacrifice d’un autre côté, alors que pour moi c’est le contraire, toutes les parties sont gagnantes, de nouvelles opportunités s’ouvrent et l’aventure continue ! En d’autres termes, il ne s’agit pas de choisir comment couper les parts du gâteau mais de l’agrandir.

 

Pour en savoir plus sur Justin Denel : www.facebook.com/LionProduction

 

Source : Justin Denel
Photos : Annabelle Paternoga

tags: Justin Denel

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