3 + 1 questions à Antoine Albeau

23/11/2021

En jouant placé lors des 7 courses validées et en remportant le Défi Wind SuperStars à Gruissan, Antoine Albeau prouve à la jeune génération montante (en foil notamment) qu’il est toujours là (et bien là !) lors des grands-rendez-vous. Pour Windsurfjournal.com, FRA-192 revient sur cette belle victoire et l’inéluctable montée en puissance du support foil sur ce type d’épreuve. Le 25 fois champion du monde nous parle également du SOMWR 10 x Marignane PWA Grand Slam qui vient de s’achever et qui révèle les faiblesses du tour mondial…

 


Windsurfjournal.com : Jeune papa depuis peu et blessé au pied suite à une coupure en foil, tu ne partais pas comme le grand favori sur le papier pour cette épreuve, et pourtant…?
Antoine Albeau : Je pense que certains coureurs m’attendaient quand même malgré tout. C’est vrai que je n’avais pas trop navigué après ma saison à mon école de voile et ma coupure mais voilà les choses se sont faites comme ça, j’ai pris mon mal et je l’ai mis de côté pour me concentrer sur les courses au maximum… Nous avions déjà un choix difficile à faire entre l’aileron et le foil sur chacune des courses.

 


WJ : En ne sortant qu'une seule fois du top 10, c'est finalement la régularité qui est récompensée. C'est une constante que l'on retrouve décidément dans ta longue carrière ?
AA : J’ai eu quelques belles courses surtout le 1er jour dans le vent léger, je pense que je suis très performant avec le foil NeilPryde de slalom. Pour ce qui est du vent soutenu à fort, nous n’avons pas de petites ailes, il est donc difficile d’être compétitif avec les autres marques… Le parcours était toujours plus ou moins avec du cap sur le 1er bord donc le foil était vraiment très compétitif.

 


WJ : Tu avais également remporté le Défi Wind SuperStars au Japon en février 2020, peu de temps avant le début de la pandémie... Que penses-tu de ce type d'épreuve qui mixte foil et aileron, amateurs et professionnels ?
AA : Oui, il y avait eu une superbe étape aussi en 2020 au Japon, nous étions vraiment au début du foil en compétition à ce moment-là. Ce que l’on utilise maintenant n’est plus comparable… Je pense que sur des compétitions de longue distance comme celle-là, l’aileron va avoir de plus en plus de mal à être compétitif.

 


WJ : Au sortir de cette épreuve PWA à Marignane, on a le sentiment que le tour mondial est à un tournant important de son histoire. Avec ton long passif sur le circuit et en étant tout à fait réaliste, que faudrait-il améliorer selon toi et quel tour verrais-tu pour réconcilier sponsors, coureurs et public ?
AA : Oui il est vrai que nous ne sommes pas dans les meilleures années et en plus avec la crise liée au Covid, ça n’a pas aidé. Je pense que le tour PWA voguait sur sa lancée depuis des années avec ses épreuves habituelles, sans jamais aller chercher d’autres sites ou d’autres organisateurs pour avoir de nouvelles étapes donc la pandémie l’a détruit. Nous avons eu pas mal de discussions entre coureurs ces derniers mois, certains coureurs se bougent beaucoup, on avait besoin de ça pour avoir du sang neuf et de l’ultra-motivation et c’est en train d'arriver. Ces coureurs sont surtout des riders de la nouvelle génération qui voient que si ça ne bouge pas, leur carrière va leur passer à côté. Ils sont supers motivés et ça va bouger, c’est sûr. Les coûts pour organiser une épreuve vont être revus et il y aura plusieurs niveaux d’étapes. La PWA est comme elle est mais elle reste un tour d’élite qui est difficile à organiser et à vendre, ça coûte assez cher d’organiser une épreuve en raison des standards comme le prize money, le live streaming, l’hébergement des tops riders, les bonnes personnes sur l’eau pour le déroulé des courses, l’accueil à terre avec l’infrastructure pour les riders et le matériel, les transferts de l’aéroport au spot, l’eau, la nourriture, etc, etc… Les épreuves en iQFOil sont des événements bien plus faciles à organiser, les 200 riders payent entre 150 et 250 € de frais d’inscription par épreuve et après tu n’as rien, tu vas sur l’eau, tu fais ton parcours et tu rentres chez toi. Comme déjà dit, le PWA World Tour est un tour d’élite et de qualité, je pense que ça va bouger dans l’année qui vient et les suivantes. Lors des grandes années du circuit, la PBA/PWA avait un sponsor complet pour le tour, ce qui était vraiment le top car nous avions des spots de qualité. C’est ce qui s’est épuisé au fil des années où justement vu la pénurie d’évènements, nous sommes allés là où on trouvait un organisateur qui voulait organiser une épreuve PWA, sans vraiment regarder le spot. Et je parle pour le slalom mais c’est pire pour les vagues et le freestyle ! Ça va aller mieux dans les années qui arrivent car ce serait vraiment dommage que la nouvelle génération ne puisse pas montrer ce dont elle est capable…

 

Pour en savoir plus sur Antoine Albeau : www.antoinealbeau.com

 

Source : Antoine Albeau
Photos : Jean Souville/Defiwind.com - JM Cornu/Defiwind.com

tags: Antoine Albeau Défi Wind SuperStars Gruissan PWA World Tour SOMWR 10 x Marignane PWA Grand Slam Marignane Carro

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