Windsurfjournal.com : Quand et comment as-tu découvert le windsurf ? Steve Laubaney : J’ai commencé la voile à l’âge de 9 ans, en Optimist au Cercle Nautique de Cap d’Ail, à côté de Monaco. Mais très vite mon gabarit m’a gêné et j’ai essayé d’autres pratiques comme le catamaran, le dériveur et bien sûr la planche que je pratiquais en loisir. Ensuite, j’ai changé de club pour me tourner vers la compétition en Laser mais déçu par l’ambiance au sein de ce club, je suis revenu au Cercle Nautique de Cap d’Ail. WJ : Qu'est-ce qui t'a amené à faire de la compétition ? SL : Pendant ce temps, une équipe de Bic Techno 283 s’était constituée à Cap d’Ail et je me suis mis à la compète en planche pour essayer, pensant revenir au Laser peu de temps après. Mais je me suis pris au jeu, j’avais 13 ans et déjà un bon gabarit, un peu trop même pour la 283, ce qui m’a conduit à faire des longues distances. WJ : Etre windsurfer et habiter sur la Côte d'Azur réputé pour ses vents légers, cela doit demander de faire pas mal de kilomètres toute l'année ? SL : Enormément, sur la saison 2008-2009, le camion a pris 40 000 kilomètres !!! Heureusement que mon père m’a aidé à me déplacer sinon ça aurait été impossible. C’est assez dur de réaliser quand on ne connaît pas, mais le 06 n’offre vraiment pas des conditions d’entraînement faciles. C’est 0 ou plus de 25 nœuds, et encore c’est très rare. On n’a jamais de conditions entre 5 et 25 nœuds donc même s’il y a des bons spots comme Cannes, personne ne fait de slalom. Donc pendant cette année un peu sabbatique, j’étais très souvent à l’Almanarre ou dans les Bouches du Rhône. Ou bien sinon le matin dans le fameux thermique de St Laurent du Var, le seul moyen de faire du slalom dans le 06. WJ : Qu'est-ce qui te plait le plus dans la compétition, le dépassement de soi, la confrontation avec les autres...? SL : La confrontation pas du tout, je n’ai pas du tout d’esprit de rivalité sauf avec quelques rares personnes, ce n’est pas pour ça que je fais de la compète. Ce qui me plait, c’est vraiment la régate en elle-même, aussi bien que l’entraînement et la préparation. Par contre oui sur l’eau, aller le plus vite possible par rapport aux autres et attaquer au jibe, ça oui ça me plait. |
| WJ : Nous posions la même question dernièrement à Jocelyn De Souza, avoir moins de 18 ans et se confronter à l'élite des seniors, ce n'est visiblement pas chose facile en funboard, en particulier en France ? SL : Je ne le vis pas trop comme ça. J’ai assez peu régaté depuis que j’ai 18 ans, mais je ne vois pas trop la différence. Je regardais rarement les classements jeunes, car ce qui est le plus représentatif, c’est le scratch, le classement général. Après, mon gabarit m’aide bien à oublier la différence d’âge. De plus, je n’ai pas trop eu la prétention de me battre avec les pros, ma progression s’est faite un peu toute seule, même si ça n’a pas été facile. Mais c’est sûr que c’est assez dur en funboard, car il y a peu d’entraîneurs et de clubs qui s’investissent dans la pratique et c’est dur financièrement aussi. WJ : Comment vois-tu ou envisages-tu ton parcours d'ici quelques années ? SL : Depuis septembre, j’ai beaucoup moins de temps pour naviguer, car je suis en formation BPJEPS Voile à Antibes. Je manque donc pas mal d’entraînement. Au niveau compète cette année, je suis un peu en stand-by même si je vais participer à la plupart des longues distances du sud. Je suis toujours engagé avec Angulo, Deboichet et Gun Sails, que je remercie beaucoup, et je compte m’y remettre sérieusement à dans peu de temps, dès que ma formation sera terminée. Par contre, je suis motivé à fond par mon nouveau métier d’entraîneur. J’ai une équipe de planche à dérive au Yacht Club de Beaulieu depuis septembre, et je devrais normalement devenir coordinateur windsurf pour le 06. C’est une autre façon de m’investir dans le windsurf, qui devrait me permettre de rester en contact avec ce milieu, tout en essayant de rendre service à ce sport. J’espère continuer comme ça quelques années, et j’aimerais bien déménager dans un lieu plus venté d’ici 3-4 ans pour continuer à entraîner mais en funboard cette fois et de continuer la compétition, la région de Marseille me brancherait bien ou le Var. Enfin on n’y est pas encore !!! |