Windsurfjournal.com : 3ème de l’European Freestyle Pro Tour, 18ème sur le PWA World Tour avec une blessure qui t’a éloigné quelques semaines de la compétition, quel bilan tires-tu de cette saison 2009 ? Nicolas Akgazciyan : Je suis satisfait dans l’ensemble car je finis 3ème européen et j’ai réalisé de très belle perf’ en PWA malgré cette blessure qui est tombée en milieu de saison. Conserver ma place de 3ème sr le tour européen n’était pas si facile sur l’EFPT, le niveau est monté d’un cran et ce n’est pas le même format que celui de la PWA. Je sollicitais donc deux fois plus mon pied qui est toujours douloureux. Concernant la PWA, cette place de 18ème en PWA n’est pas représentative car je termine 8ème à Lanzarote sachant que je me suis blessé l’avant-dernier jour de course alors que j’étais 4ème après deux double éliminations courues. Le dernier jour, je regardais mon classement dégringoler sans pouvoir rien faire… Dur ! Cette blessure m’a empêché de faire l’étape de Fuerteventura mais je réalise une belle 5èmeplace sur la mer démontée de Sylt. Donc au classement final avec seulement deux étapes courues sur les trois, je me retrouve 18ème. Mes prestations ont quand même permis de constater que j’ai progressé encore cette saison, malheureusement je me blesse… Depuis deux ans j’étais 8ème, cela aurait pu être meilleur… Ca me motive deux fois plus pour 2010 ! WJ : Comment jugerais-tu le niveau sur l’eau par rapport aux années précédentes, est-ce que remporter un heat est plus difficile saison après saison ? NA : Désormais, chaque heat est important, et il faut se méfier de chaque adversaire. Dans l’ensemble le niveau est haut, il faut assurer et ne pas avoir de baisse de régime. Le heat dure 5 minutes, c’est très court et intense, on n’a pas le temps de compter les moutons ! Sur l’EFPT, les ¾ du heat sont réalisés sans le harnais ! La différence se fait souvent sur peu de chose, il ne faut rien lâcher jusqu’au coup de trompe final. WJ : Steven van Broeckhoven est clairement la révélation de cette saison en étant un des meilleurs européens avec toi dans la discipline. Que penses-tu de son incroyable ascension ? NA : Steven "vend des brockoli", je l’ai rencontré en 2006 à Leucate et il était déjà très fort. L’an dernier, il a débarqué sur l’EFPT et j’ai eu chaud au classement, il finit 4ème et moi 3ème. Il commençait à se démarquer mais n’était pas régulier dans ses manœuvres. Cette année, il a montré qu’il n’avait pas de point faible sauf à Lanzarote avec les vagues car il ne savait pas sauter. En EFPT, la différence s’est faite sur les premières épreuves car elles se sont toutes enchaînées les unes après les autres. Il fallait être bien réglé tout de suite car on n’avait pas vraiment le temps de s’entraîner, de régler ce qui n’allait pas entre chacune d’elles. Il est arrivé sur le tour très bien réglé avec toutes ses tailles de voiles et passait tous ses moves dans toutes les conditions. De mon côté, j’avais privilégié l’entraînement en grande toile mon gros point faible, il faut que je continue à bosser ce point… |
| WJ : Il semble qu’il y avait un peu moins de coureurs sur les étapes du PWA World Tour cette année, la discipline du freestyle perdrait-elle un peu de son intérêt ? NA : C’est vrai qu’il y avait moins de monde mais je ne pense pas qu’elle perde de son intérêt. A mon avis, c’est lié à deux raisons. Tout d’abord, le niveau est de plus en plus haut donc la compétition de plus en plus difficile d’accès pour des compétiteurs "débutants". Le freestyle est une discipline très technique, qui demande énormément de travail pour passer de nouveaux moves. En plus, il n’y a pas de compétitions nationales qui permettraient à des jeunes de se faire la main avant d’accéder à l’international. Il y a peut être aussi l’effet crise, les marques hésitent plus à soutenir des jeunes dans cette discipline. De l’extérieur, ce n’est sûrement pas très crédible malheureusement, un jour c’est à fond pour une discipline, et du jour au lendemain ça change ! Déjà que notre sport n’est pas facile à comprendre de l’extérieur, alors en plus avec tous ces changements d’orientation… Pas étonnant que l’investissement de partenaires extra planche soit timide… WJ : A 24 ans, tu as encore du temps devant toi mais ce fameux titre de champion du monde, c’est pour quand ? NA : J’y travaille c’est sûr, c’est ce qui me motive ! Il n’y a pas un jour où je ne me lève pas sans y penser ! C’est un de mes buts dans la vie. Tout ce que je sais si mes partenaires me suivent pour 2010, c’est que je vais vraiment y aller plein gaz et tout faire pour me rapprocher du top 3 et peut-être mieux qui sait… WJ : Quel est ton programme désormais pour les prochaines semaines, les prochains mois ? NA : Juste après la Grèce, après un jour de break et je suis parti rejoindre le team Gun Sails à Maui pour le shooting 2010. Ensuite, je suis rentré et j’attaque ma 2ème année en Ecole Supérieure de Commerce à Montpellier. Puis, je monterai à Quiberon pour faire un bilan général de l’année 2009 et commencer à travailler sur ma préparation 2010 avec Stéphane Krause pour atteindre mes objectifs fixés. Après mes partiels, je partirai en février en Afrique du Sud pour m’entraîner en vagues. |